"L’élève dépasse le maître ?"

Où l’on découvre un ange qui fâche.

Andrea del Verrocchio et atelier, Le Baptême du Christ, 1479-1480, tempera et huile sur bois, 177 x 151 cm, Musée des Offices, Florence

Vers 1470, le grand artiste Andrea del Verrocchio reçoit la commande d’un tableau. Le thème ? Le Baptême du Christ. Comme il est courant de le faire à l’époque, il demande de l’aide à ses apprentis. Le maître s’occupera simplement du Christ et de Saint Jean Baptiste, le reste étant réparti entre les élèves de son atelier, l’un des plus réputés de Florence !

Parmi ses apprentis, un certain Léonard de Vinci se voit confier la tâche de peindre un ange et une partie du paysage. Mais le jeune élève remplit un peu trop bien sa mission. Les yeux des spectateurs sont irrésistiblement attirés par l’ange de gauche ! Les boucles blondes, le drapé de la tunique, les yeux pleins de vie du petit ange... Non seulement Léonard vient d’éclipser ses camarades, mais il fait surtout oublier les figures peintes par son maître.

L’un des premiers historiens de l’art, Giorgio Vasari, écrit au XVIe siècle à propos de ce tableau que le jeune homme avait peint un ange "bien meilleur que tout le reste". Il raconte que "puisque Léonard, malgré sa jeunesse, l'avait ainsi surpassé, Verrocchio décida de ne plus jamais toucher un pinceau" !

Détail de l'ange, peint par Léonard de Vinci