Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 16:36

 

 Royal-Monaco--black.jpg  

 

  IL PRIMO WEB MAGAZINE AL MONDO DI MONACO DIVENUTO CARTACEO.

  UNA CONTROTENDENZA CHE FA PROSELITI.    

IN PAGINA WEB AMBASCIATA D'ITALIA NEL PRINCIPATO DI MONACO   
  ►http://www.ambprincipatomonaco.esteri.it/Ambasciata_Monaco/  

  JUIN BLOG RANK  77

Quid des néoplasies digestives secondaires chez les survivants de cancer pédiatrique ?

Publié le 07/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir


Cinq à 15 % des sujets ayant eu un cancer dans l' enfance développeront une seconde néoplasie maligne (SMN) dans les 20 à 30 ans suivant le diagnostic du premier cancer, à un âge donc plus jeune que dans la population générale. Il s' agira fréquemment d' un cancer digestif, surtout après irradiation abdominale. De fait, il est classiquement recommandé, chez les survivants ayant été exposés à plus de 30 Gy d'irradiation de pratiquer une colonoscopie au moins tous les 5 ans, dès la 10e année suivant l'irradiation, ou dès l' âge de 35 ans, ce qui pourrait déjà être tardif.

Peu d'études ayant pris en compte l' impact des champs d'irradiation ou de la chimiothérapie (CT) dans la survenue d' une SMN colo-rectale, T. O. Henderson et collaborateurs se sont attachés à préciser quels étaient, parmi les survivants d'un cancer pédiatrique, ceux à plus haut risque de développer un second cancer digestif. Au total, 14 358 patients ayant présenté un premier cancer avant 21 ans et ayant survécu plus de 5 ans ont été inclus dans leur analyse. ils avaient, entre 1970 et 1986, étaient traités pour une leucémie, un cancer du système nerveux central, une maladie de Hodgkin ou un lymphome non hodgkinien, un neuroblastome, un sarcome des tissus mous ou encore une tumeur de Wilms. L' ensemble des données médico- sociales fut recueillie auprès des patients, de leur famille ou de leur entourage ainsi que la totalité des protocoles de soin du cancer initial, dont notamment les champs précis et les doses de rayonnement et les types de CT. Toutes les SMN digestives furent inclus jusqu'en novembre 2008. Deux  oncologues pédiatriques reprirent l'ensemble des données en s'attachant à préciser plus particulièrement si le second cancer était dans le champ, proche ou en dehors du champ d'irradiation. L'incidence des SMN fut comparée à celle de la population globale nord américaine.

Sur les 14 358 sujets de la cohorte initiale, 12 592 furent effectivement inclus après avoir recueilli l'ensemble des données. Au total, 802 SMN furent identifiées, dont 45 cancers digestifs chez 45 patients, de survenue en moyenne 22,8 ans (5,5-30,2) après le premier cancer. Il n' y avait, parmi les survivants, aucune différence significative quant au sexe, à l'âge, aux antécédents familiaux et au tabagisme entre ceux ayant développé un SMN et ceux qui restèrent indemnes.

Plus de 80 % des 45 SMN digestives survinrent plus de 24 ans après le cancer pédiatrique; leur localisation fut préférentiellement colique, puis ano- rectale. Il s'agissait, pour 56 % d'entre eux, d'adénocarcinomes et ils furent responsables directement du décès du patient dans 15 cas. Quatre-vingt sept pour cent des patients avec SMN avaient été préalablement irradiés, le second cancer survenant, dans 86 % des cas, dans le champ d'irradiation.

Globalement, les survivants d'un cancer pédiatrique avaient un risque 4,6 fois plus important de développer une SMN digestive et ce risque était de 11 fois supérieur en cas d' irradiation abdominale, notamment pour tumeur de Wilms ou maladie de Hodgkin. Bien que moins élevé, le risque était encore de 2,4 chez les survivants qui n' avaient pas été irradiés. De fait, des doses fortes de procarbazine ou de sels de platine sont apparues comme des facteurs de risque indépendants.

Cette large étude rétrospective confirme donc que les patients ayant survécu à un cancer de l'enfance, et plus particulièrement à une tumeur de Wilms, une maladie de Hodgkin, un lymphome non hodgkinien, à un sarcome ou encore une tumeur du système nerveux central, sont à très haut risque de développer une SMN digestive. Le risque est très considérable lors d'une irradiation abdominale antérieure mais encore notable après CT exclusive. La procarbazine et les sels de platine constituent des facteurs de risque propres de SMN survenant dans le champ d'irradiation, soulevant l'hypothèse d' un effet potentialisateur de la CT sur le risque carcinogénétique lié à la radiothérapie. Ces données confirment les conclusions de travaux précédents, dont ceux de van den Belt-Dusebout à propos du rôle du cis- platine et également ceux de la cohorte britannique d'étude du suivi des cancers pédiatriques. Ils rejoignent les données plus spécifiques recueillies par Bhatia dans la maladie de Hodgkin de l'enfant.

Les auteurs reconnaissent toutefois plusieurs limites à leur travail. Avant tout, malgré une recherche attentive, le nombre de SMN retrouvés fut faible et une sous déclaration ne peut être exclue. De ce fait, il fut impossible de mettre en avant le rôle éventuel d'une même tendance génétique à la cancérogenèse, commune à la tumeur initiale et à la SMN ultérieure, diminuant d' autant l' effet propre des traitements. Enfin, seules les SMN suivant de plus de 5 ans le premier cancer ont été incluses dans l'étude.

Ces données confirment que, dans l'appréciation du risque d'un second cancer, les praticiens doivent prendre en compte non seulement des antécédents d'irradiation abdomino-pelvienne, mais également ceux de CT. En pratique, elles reprennent les recommandations déjà établies de colonoscopie au minimum tous les 5 ans, débutant  10 ans après la radiothérapie et dés l' âge de 35 ans pour les survivants de cancer de l'enfance ayant été exposés à plus de 30 Gy d'irradiation.



Dr Pierre Margent

 

Henderson TO et coll. : Secondary Gastrointestinal cancer in Childhood Cancer Survivors. A Cohort Study. Annals of Internal Medecine 2012 ; 156 ; 757-766.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : ROYAL MONACO RIVIERA ISSN 2057-5076
  •  ROYAL MONACO RIVIERA      ISSN 2057-5076
  • : Royal Monaco Riviera web magazine fondé par Luigi MATTERA est le PREMIER site online de Monaco en presse écrite . Royal Monaco Riviera, il primo sito online del Principato divenuto cartaceo.ARTE, CULTURA, SOCIETA' della Riviera Ligure e Costa Azzurra!
  • Contact

Recherche