Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:22

 

RoyalMonaco_testata_v013_DEF-copie-1.jpg

 

Art-Monaco_crownblog2.jpg

 

 

  IL PRIMO WEB MAGAZINE AL MONDO DI MONACO DIVENUTO CARTACEO.

       

IN PAGINA WEB AMBASCIATA D'ITALIA NEL PRINCIPATO DI MONACO   
  ►http://www.ambprincipatomonaco.esteri.it/Ambasciata_Monaco/  

 

 


« Moisan, Peintre de la Cour mais valet de personne
»
Jean Lacouture 

 




 

MOISAN

Exposition Galerie du palais de l’Europe à Menton

Du 13 octobre 2012 au 12 janvier 2013

 

  carton web.jpg

 

            Ne vous y trompez pas, Moisan est spécialiste dans l’art de la dérision : « Je suis né à Reims, pays des sacres. J’ai été baptisé par mon oncle évêque, au champagne (…) J’avais à peine huit jours, je crois, inconsciemment peut-être, j’ai pris en hostilité, pas en haine, et le clergé et le champagne… »

 

            L’exposition de la Galerie du Palais de l’Europe à Menton permet d’apprécier le travail, les pensées, les contradictions et les humeurs d’un artisan de la plume et du pinceau dont Frank Elgar[1] disait qu’il « déchire les oripeaux du mensonge, de la vanité, de l’imposture, du despotisme ». Roger Fresso  quant à lui nous apprend que Moisan, l’homme, ressemblait selon les jours ou les heures, à un boucanier des mers du Sud, un aventurier moyenâgeux, un chevalier partant en croisade ou un grand rôdeur de tavernes. Souvent les quatre en même temps !

 

De fait, comment présenter ce volcan sans se brûler les doigts ? Il était féroce contre l’injustice et s’exprimait depuis 1934, après l’affaire Stavisky, dans le journal d’Eugène Merle, Le Merle Blanc (ses débuts dans la presse contestataire). Il incarnait en cela une autre pensée de Frank Elgar : « L’art satirique est essentiellement un langage de contestation. » A cette époque, Moisan décide de dessiner avec sa plume directement à l’encre, sans charpente préalable au crayon, même pour ses plus grandes fresques réalisées plus tard pour le Canard Enchaîné : le plafond de l’Opéra de Paris ou la cathédrale de Bourges.

 

            Cette exposition présente l’évolution rapide de ses dessins politiques sous la IIIe République. Ses têtes de Turc de l’époque étaient Edouard Herriot (qu’il retrouvera sous la IVe République), Léon Blum, le président Doumergue, sans parler d’Adolf Hitler et de Benito Mussolini.

 

            De retour à Vanves près de Paris, après sa mobilisation en 1939, il reprend contact avec quelques journaux parisiens surveillés par la censure allemande. Jusque fin 1942,  Moisan  publie  sous l’occupation des dessins non politiques mais assez satiriques concernant la période des restrictions, ce qui lui vaut quelques ennuis. Il décide de rejoindre sa famille envoyée par l’Education nationale près de Vesoul, pour cause de lourd déficit alimentaire à Paris. En 1945, il intègre le groupe Amaury et fournit des dessins politiques et  d’humour pour Carrefour et Le Parisien Libéré,jusqu’à son entrée au Canard enchaîné. Avec ses amis dessinateurs Michel Douay, Carbi, Ange Michel, Gus, Pouzet, Sempé, il réalise de grandes pages d’humour complexes en mise en page. Il est également critique de cinéma dans les journaux L’Objectif et Spectateur. Cette autre passion se retrouvera transcrite en dessins politiques par la suite.

 

 

            L’exposition de la Galerie du Palais de l’Europe présente un certain nombre de ses dessins politiques de la IVe République. A cette époque les ministres se succédaient rapidement. Moisan faisait défiler sur ses pages blanches des personnages qui changeaient plusieurs fois de ministères, tels Edgar Faure, Pinay le financier, Robert Schuman père de l’Europe, Guy Mollet, François Mitterrand et Pierre Mendès France. Une page tirée d’un livre sur la IVe République illustre cette période d’instabilité.

AmacEps.jpg

            Il caricature également le Général de Gaulle avant son « passage de témoin » avec le président Coty. De Gaulle est ensuite élu Président de la République au suffrage universel. Moisan disait à ce propos : « Enfin, de Gaulle arriva, avec sa grande gueule, sa tête remarquable pour la caricature, car on pouvait lui faire tout exprimer, il était une institution à lui tout seul. »

Roger Fressoz racontait : « Ce n’est pas Moisan qui fait ressemblant, c’est de Gaulle qui finit par ressembler à sa caricature. » Yvan Audouard[3] renchérissait en expliquant : « Moisan prévoit ce que son modèle va devenir. »

 

            Beaucoup de grands dessins illustrent cette période des quatre présidents de la Ve République, le Général de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Jacques Chirac est représenté en tant que maire de Paris. Il n’arrivera à la présidence qu’après le décès de Moisan en février 1987.

 amacLaCourDeDosHD.jpg

            Une partie de cette exposition est également consacrée à des dessins d’hommes politiques étrangers, des artistes, des écrivains, des journaux très contestataires comme Liberté de Louis Lecoin, Le réfractaire de May Piqueray, ainsi qu’à des affiches de théâtres et d’expositions. Un film de Bernard Baissat sur Moisan « Aux quatre Coin-coins du Canard » sera projeté au cours de cette exposition.

 

Jean Lacouture[4] a résumé ainsi Moisan : « Sur la maison de Moisan, qui domine Menton, entre ciel et mer, on inscrira, peut-être, qu’il fut Peintre de la Cour, mais valet de personne. »

 

Octobre 2012



 

 

 

 

Préface de M. Jean-Claude GUIBAL - Député-Maire de Menton

 

 Guibal

« Moisan, dont on oublie le prénom, mais dont la signature nous est si familière, aura accompagné de sa fameuse plume une époque entière de la vie politique et sociale de la France. La Ve République, son cheval de bataille, De Gaulle référence inépuisable de son inspiration, sont à la source de la création de l’artiste dont la curiosité semble insatiable. Aucune médiocrité n’échappe à ce regard malicieux. Esprit libre, vif et mordant, la fluidité de sa pensée se traduit dans le parcours instantané de sa main. Moisan, dont la personnalité s’inscrit sur tous les signes posés sur le papier à dessin, a fait de l’humour son langage quotidien.

 

Cet extraordinaire foisonnement de dessins et de textes, feux d’artifice de mots et d’images, reproduit assurément une vision d’une acuité remarquable. Nous aurions aimé être à l’origine de certains de ses bons mots. Par-delà l’humour, son regard clair prend la distance nécessaire à une vision juste sinon impartiale de la société et de ses jeux, images immédiates du pouvoir et de l’histoire. Car une véritable histoire parallèle se joue entre lui et ses personnages.

 

La passion du travail transparaît dans l’œuvre de cet homme qui préférait être considéré comme un artisan, d’une exigence toujours implacable avec lui-même.

 

Ma rencontre avec son fils Paul-Henri, lors d’une première exposition au Palais de l’Europe en 1995, est à l’origine de la superbe rétrospective d’aujourd’hui. Le talent de Moisan trouvera dans cet événement l’hommage mérité à l’un des plus grands dessinateurs et caricaturistes de son époque. »



Jean-Claude GUIBAL
Député des Alpes-Maritimes
Maire de Menton

 

 

 




 

MOISAN

1907-1987

Biographie

 

 amacmoisanDessinantSaulx.jpg

Roland Moisan naît à Reims le 26 novembre 1907 dans une famille catholique plutôt non pratiquante : son père, d’origine bretonne, travaille comme forgeron à Fourchambault dans le Cher ; sa mère, d’origine allemande (née Stamm) a été institutrice à Reims.  Aussi a-t-il le droit de ne pas aller à l’école avant l’âge de treize ans, ce qui lui vaut d’avoir toujours selon lui, une culture « très en marge ».

 

Il commence à dessiner à l’âge de trois ans :    « Je ne faisais que ça, dessiner et regarder la nature. » Enfant, il vit dans un village près de Bourges où très vite, il se distingue par ses talents de dessinateur.

 

A 15 ans, il entre à l’Ecole nationale professionnelle Henri Brisson de Vierzon (équivalent des Arts et Métiers), qu’il quitte, fort de son diplôme de céramiste, pour entrer aux Beaux-Arts, puis aux Arts-Décoratifs de Paris où il reste quatre ans. Il renonce alors à devenir professeur de dessin et fait son service militaire au Maroc dans l’aviation.

 

De retour à la vie civile, il s’adonne à la peinture, avant de rencontrer Eugène Merle, directeur du Merle Blanc, journal anarchiste concurrent du Canard enchaîné, qui publie l’un de ses premiers dessins de presse lors de l’affaire Stavisky en 1934. Sa carrière est alors lancée. Dans le même temps, Moisan travaille également pour Le Rire, Noir et Blanc, L’Os à Moelle de Pierre Dac, Vendredi ou L’Oeuvre.

Démobilisé en août 1940, il reprend contact, au début des années d’occupation, avec les journaux auxquels il participait avant-guerre et leur fournit quelques dessins humoristiques sans contenu politique. Son esprit sarcastique lui fait exprimer les aléas de l’Occupation : frappé par la censure, il stoppe toute relation avec ses employeurs courant 1942.




 

Immédiatement après la Libération, il dessine pour La Rue, La Semaine, La Corrèze (1945), mais surtout Carrefour et Le Parisien Libéré (1945 - 1976), L’Objectif (1947), puis Le Merle Blanc (1947-1948), Témoignage chrétien (1951 - 1956), et lance avec trois autres confrères la bande dessinée quotidienne du Parisien Libéré, « Zoé, enfant terrible ». Le 17 octobre 1956, à la demande du directeur Tréno, la première caricature de Moisan paraît dans Le Canard enchaîné. Dès lors commence une association qui durera jusqu’à la mort du dessinateur en février 1987. Ses dessins grand format occupent souvent une pleine page et à partir de 1961 s’affichent même à la Une du journal. L’éditorial écrit s’efface au profit du dessin éditorial.

 

Dans son travail, Moisan aime à s’entourer d’une documentation précise (gravures, photos, etc.). Sur le plan technique, il est l’un des rares humoristes à dessiner exclusivement à la plume. Il avoue commencer toutes ses caricatures par les yeux de ses personnages, autour desquels s’ordonne le reste de l’attitude.

Mémorialiste acerbe des riches heures de la Ve République, Moisan excelle dans les compositions ambitieuses, fourmillant de détails, où la truculence le dispute à la qualité esthétique.


 



[1] Frank Elgar a été critique d’arts graphiques dans l’hebdomadaire Carrefour.

[2] Roger Fressoz, alias André Ribaud. Rédacteur en chef du Canard Enchaîné et rédacteur associé à Moisan dans la rubrique La Cour.

[3] Yvan Audouard. Ecrivain et rédacteur au Canard enchaîné.

[4] Jean Lacouture. Historien et préfacier du livre « Moisan, dix ans d’histoire en cent dessins » (Albin Michel)

 

 

 

Autour de l’exposition : livres en avant-première

 

 

Dans le cadre de l’exposition « Moisan : 1907-1987, dessinateur, caricaturiste de presse » à la Galerie du Palais de l’Europe, le service culturel de la Ville de Menton propose au public des livres exceptionnels liés aux travaux de Moisan :

 

·         Il sera ainsi possible d’acquérir l’ouvrage de collection « Moisan, dix ans d’histoire en cent dessins », par Jean Lacouture (éditions Albin Michel), dont les tirages sont épuisés (prix de vente : 50€)

·         Six modèles de cartes postales, tirées des dessins de Moisan, seront également disponibles au prix unitaire de 1,5€

·         Enfin, à noter que deux ouvrages à paraître prochainement aux éditions « Les Arènes » seront proposés en avant-première à Menton : « Le XXe siècle en 1000 dessins de presse » (Jacques Lamalle et Patrice Lestrohan, préface de Patrick Rambaud) est une anthologie de quelque 600 pages, regroupant en 11 parties chronologiques (de la séparation des pouvoirs de l’Eglise et de l’Etat aux années Chirac…) un millier de dessins et caricatures récupérés à la source et retravaillés en gravure pour une meilleure qualité, dont les auteurs sont aussi nombreux que célèbres : Sempé, Reiser, Cabu, Pétillon, Wolinski et bien sûr Moisan ; également en avant-première, un second ouvrage chez le même éditeur, paru en 2008 et épuisé mais réédité une dernière fois, en format souple : « Le Canard enchaîné : la Ve république en 2000 dessins ». Retrouvez-y 300 évènements majeurs qui ont fait l’histoire depuis 1958, vus par la mine acerbe des dessinateurs symboles du journal satirique…dont Moisan lui-même.

 

 

 


 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : ROYAL MONACO RIVIERA ISSN 2057-5076
  •  ROYAL MONACO RIVIERA      ISSN 2057-5076
  • : Royal Monaco Riviera web magazine fondé par Luigi MATTERA est le PREMIER site online de Monaco en presse écrite . Royal Monaco Riviera, il primo sito online del Principato divenuto cartaceo.ARTE, CULTURA, SOCIETA' della Riviera Ligure e Costa Azzurra!
  • Contact

Recherche