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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 07:40

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MEDICINE & CHINESE TRADITIONAL MEDICINE 

Luigi39tab-copie-1.jpgLuigi Mattera is a certified by CERFPA (St. Laurent du Var-France) in HOMEOPATHY (biennale) & ZUO TUINA MASSAGE OF TRADITIONAL CHINESE MEDICINE - Online certificate from TEXAS CHIROPRACTIC COLLEGE (Pasadena-Texas 2007) in CHIROPRACTIC SPORTS & CHIROPRACTIC TREATMENT OF GOLF INJURIES.

In the past, he has been Captain aboard tanker ships . He got  Italian UNIVERSITY DOCTORATE in Foreigner and Litterature Languages (IULM Milano - Italy) and 3 years UNIVERISTY DIPLOMA in Public Relations and Discipline Administration (ISTITUTO UNIVERSITARIO LINGUE MODERNE -  Milano)

 

PRESENTS:  Royal Monaco Médecine

 

Effet nocebo : quèsaco ?

Publié le 12/04/2013   | 1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

 

Mme M. 65 ans a un petit cancer dans le lobe pulmonaire supérieur droit. Le bilan est satisfaisant et le chirurgien qui doit la prendre en charge pense qu’une lobectomie avec curage en vidéo est l’intervention de choix. Il va donc lui fournir les informations nécessaires pour qu’elle se fasse une opinion et décide en connaissance de cause c'est-à-dire lui expliquer tous les détails de l’intervention projetée et les suites attendues à court et long terme tout en lui présentant aussi les alternatives possibles.

Au cours de son exposé, il lui précise (pour son plus grand bien pense-t-il !!!!) que la probabilité d’une intervention simple sans aucune complication est de 75 %. Cependant, 8 patients sur 100, peuvent avoir une fuite d’air prolongée ; 7 des troubles du rythme cardiaque ; 4 un saignement nécessitant une transfusion et 3 une pneumopathie grave. Il ajoute qu’un patient sur 100 a un infarctus du myocarde, un AVC ou une défaillance rénale grave et aussi que 2 patients sur 3 ont des douleurs modérées ou faibles en postopératoire et que seuls 6 sur 100 ont de très fortes douleurs.

Il termine en signalant que toutes les autres complications sont très rares et touchent moins d’un patient sur 1 000.

Enfin, résume-t-il, 25 patients sur 100 ont en définitive une complication et, mieux, seuls 19 patients sur 1 000, meurent après une telle opération.

Le chirurgien est content de sa présentation minutieuse, complète, exposée en termes compréhensibles.

Satisfaite Mme M ?

Mais Mme M. est-elle aussi contente que lui et peut-elle donner son accord en toute connaissance de cause ?

Il n’en est probablement rien car le chirurgien ne sait pas que l’effet nocebo a certainement frappé et qu’il se traduit ainsi :

• même si la probabilité d’un événement favorable est grande (i.e une intervention sans problèmes et des suites simples), beaucoup de patients ont tendance à n’envisager que ce qui est le moins probable (i.e les complications)
• les patients recherchent alors tous les éléments qui peuvent confirmer leurs sentiments négatifs
• en particulier si l’entourage, les proches, les connaissances rapportent avoir eu une expérience négative, cela la rend plus plausible
• les chiffres présentés (plutôt que des proportions ou des pourcentages) rendent toute hypothèse plus inquiétante (dire qu’une épidémie tue 1 246 personnes sur 10 000 est perçu comme plus terrible que dire qu’une épidémie tue 24,49 % de la population !)

C’est de la théorie économique que tout vient : les gens ne prennent pas une décision ou ne construisent pas un jugement sur la base de probabilités calculées mais réfléchissent en termes de gains et de pertes. Ils n’accordent pas le même « prix » aux pertes (qu’ils ont tendance à majorer) qu’aux gains (qu’ils n’apprécient pas à leur juste valeur). Par ailleurs, ils surestiment la probabilité d’évènements improbables à qui, de surcroît, ils donnent beaucoup trop d’importance.

L’effet nocebo (placebo négatif) explique qu’en médecine, la suggestion d’un effet négatif conduise à la survenue réelle de cet effet comme :

• quand on prévient qu’une intervention sera douloureuse, on constate que les patients avertis souffrent davantage que ceux qui ne l’ont pas été  
• quand un patient est informé d’effets contraires possibles, il les expérimente plus souvent même s’il ne les a pas vécus antérieurement dans les mêmes circonstances
• quand un patient a été victime d’effets néfastes avec une drogue active, il les éprouve aussi avec un placebo.

Alors que doit faire notre chirurgien avec sa patiente ?

Il doit reformuler ses informations, insister sur les effets positifs (vous avez toutes les chances que tout se passe bien, vous courrez moins de risques à vous faire opérer qu’à traverser la rue en bas de chez vous…), il évitera les chiffres bruts plus angoissants (juste 1,9 % de mortalité !!!).

Sans compter l’argument définitif (de toute façon les gens qui guérissent d’un petit cancer comme le vôtre sont ceux que l’on peut opérer…) ou la suggestion que lui fera, avec un peu de chance, sa patiente : docteur je vous fais confiance, faîtes comme pour vous !!!



Dr Roland Charpentier


1)Williams JB et coll. : Framing for success : Nocebo effects in thoracic surgery
Ann Thorac Surg., 2013; 95: 9-11
2) Colloca L et coll. : Nocebo effects, patient-clinician communication, and therapeutic outcomes. JAMA, 2012; 8: 567-8

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