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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 15:53

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PRIMO WEB MAGAZINE AL MONDO DI MONACO DIVENUTO CARTACEO.      

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Les Violons de l’Espoir

et leur incroyable histoire..... 

 

Dimanche 5 MAI 2013 • 19 h 00 • GRIMALDI FORUM, SALLE DES PRINCES

en Avant-Première d’une tournée internationale 

“... des violons quitteront leurs vieux étuis et se remettront à jouer pour la première fois après un silence de presque 70 ans...”

 

opmCihat-Askin.jpg  opmMINTZ-Shlomo.jpg

 

 

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Orchestre Philharmonique de Monte Carlo

opmGELMETTI Gianluigi 2A

Gianluigi GELMETTI – Direction

Shlomo Mintz & Cihat Askin - Violons

 

 

 

  

 

GELMETTI-“Ke’ev” Création mondiale pour l’occasion 

BLOCH-“Baal Shem” pour violon et orchestre /ShlomoMINTZ

ASKIN “Avinu Malkeynu” pour violon, violoncelle et orchestre

TCHAÏKOVSKY - Concerto pour Violon/ Shlomo MINTZ

BEETHOVEN - Symphonie n° 5, «DuDestin», (4ème mvt.)

Organisé au profit du Centre pour la Recherche du Cerveau et de l’environement de l’Université de Jérusalem.   

Production : «Musical Chairs»

Avec les Violons uniques de la collection de l’atélier de lutherie: Amnon et Avshalom Weinstein  

_______________________________________________________________________________

 

La lettre de Madame Smadar Eisenberg,

 

 Notre Association organise un concert exceptionnel « Les Violons de l’Espoir » le 5 mai 2013, au Grimaldi Forum, Salle des Princes, en avant-première d’une tournée internationale.

Cette manifestation est placée sous le Haut Patronage de SAS le Prince Albert II, notre Président d'Honneur, et se déroulera en Sa Présence.

Il s’agit d’un évènement unique : une partie des violons que les musiciens joueront à cette occasion appartenaient aux victimes de la Shoah. Ces violons ont été retrouvés presque entièrement détruits, dans le silence de l'enfer, dans les camps libérés et les Ghettos vides à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Chaque violon se confond avec une vie humaine disparue ou une vie sauvée grâce à cet instrument.

Durant des décennies, ces violons ont été, un par un, rendus à la vie par le Maître luthier Amnon Weinstein. Après un silence de soixante dix ans, et de manière inédite, certains se remettront à vivre entre les mains de musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.

Lors de ce concert, le célèbre violoniste Shlomo Mintz, se produira pour la première fois en Principauté de Monaco, avec notre Orchestre. Cihat Askin, le violoniste d’origine turque dont la réputation n’est plus à faire sera present également.

Profondément ému par notre projet, Maître Gianluigi Gelmetti a souhaité composer une œuvre qu’il dédiera aux Violons de l’Espoir.

Les recettes récoltées lors de cette soirée seront entièrement reversées à l’Université de Jérusalem, au profit du Centre pour la Recherche du Cerveau,  placé parmi les meilleurs centres mondiaux.          

Le concert sera suivi d'un Diner de Gala, à la Salle Empire de l’Hôtel de Paris en présence de nombreuses personalités.

 

Smadar  Eisenberg

Présidente

 

 

Les Violons de l’Espoir 

 

1- LE VIOLON DE MOTELE

 

Imaginez un violon dans les bras d’un enfant endormi au pied d’un grand chêne, à la lisière d’une forêt. Cette image est si paisible que l’on oublie presque que c’est la guerre et que la forêt se trouve en Ukraine.

 

Les partisans qui trouvent l’enfant apprennent qu’il est le seul survivant d’une rafle organisée par les Allemands dans sa rue. Il se nomme Motelé. Avec son violon, il est parvenu à s’enfuir vers la forêt. Le destin a voulu que dans cette forêt, se cachait un groupe de partisans Juifs sous le commandement d’un dénommé Moshé Gildenman. Ce groupe allait bientôt compter un membre de plus : le jeune Motelé.

 

Un jour de nouvel an orthodoxe, Gildenman envoie Motelé se mêler à la foule, pour noter les allers et venues des camions Allemands afin de transmettre ces informations précieuses à l’Armée Rouge. Le gosse se retrouve devant l’église, vêtu de haillons. Mêlé aux mendiants, il joue avec son violon. Ses yeux sont souvent fermés, il rêve qu’il se tient sur la grande scène d’une salle de concert, à Vienne, Paris ou New York.

 

Soudain, un officier Allemand lui fait signe de le suivre. Motelé le suit sans dire un mot. Ils arrivent dans une grande bâtisse où se réunissent les officiers Allemands allant ou revenant du front qui se rapproche de jour en jour. « Es tu capable de jouer Mozart » lui demanda l’officier Allemand. Motelé répondit favorablement. « Tu joueras ici chaque soir, et voilà le pianiste qui t’accompagnera » lui dit l’officier.

 

Chaque soir, après sa prestation, Motelé reçoit une gamelle de soupe dans la cuisine qui se situe dans la cave de la bâtisse. Dans le dédale de couloirs qui y mènent, Motelé remarque des pièces vides, en mauvais état, avec quelques fissures aux murs qui ne demandent qu’à s’ouvrir.

 

A partir de cette nuit, Motelé sort et entre de la bâtisse avec sous son bras, le violon dans son étui. Seulement voilà, dans l’étui, il n’y a pas de violon. Le violon, Motelé l’a caché dans une des pièces, à coté de la cuisine. L’étui, quant à lui est rempli d’explosifs nécessaires à l’élargissement définitif des fissures qui courent du bas en haut des murs.

 

Ce soir, les officiers ont bu plus que d’habitude. Motelé descend à la cuisine pour recevoir son bol de soupe. La cuisine est fermée. Le chemin est libre. Motelé dispose les explosifs tel que les partisans le lui avaient enseigné, allume la mèche et se met à courir avec son violon.

 

L’explosion retentit, Motelé court dans la grande rue. Dans la pagaille, on ne remarque pas un gosse qui court. Motelé atteint la rivière qu’il traverse en compagnie de ses amis partisans. Dans ses bras, il serre fort son violon et avant de s’endormir ce soir là, Motelé prend soin d’essuyer la poussière et les cendres sur son bois afin qu’il soit reluisant, comme d’habitude.

 

Quelques semaines plus tard, Motelé n’aura pas le temps de briquer son violon. Ce soir, il s’endort pour toujours dans une clairière qu’il traverse au mauvais moment pour prévenir des soldats russes qui n’avaient pas vu les soldats allemands embusqués.

 

Gildenman, le commandant des partisans, n’essuiera plus jamais le violon de Motelé. Après la guerre, Gildenman rejoint Israël, le violon dans les mains. Bien plus tard, il le donnera à son fils qui à son tour le donnera à son fils. Durant des dizaines d’années, ce violon au bois usé par le froid et la pluie se retrouve enroulé dans une couverture dans une vieille armoire. Et pourtant, il y a quelques années à peine, le Maître luthier, Amnon Weinstein rencontre le petit fils de Gildenman et découvre le violon caché dans l’armoire.

Il va falloir des années pour reconstruire le violon, pour trouver le bon bois et les bonnes cordes…

 

 

 

2- LE VIOLON D’OLE BULL

 

17 août 1880, on raconte que 14 vapeurs et un millier de bateaux voguent sur la Mer de Norvège. Grand tableau que seule, une fin de 19ème siècle peut offrir pour le dernier voyage du très grand violoniste Ole Bull. Même son violon relevait de la légende. Un « Guarneri » fabriqué dans un bois rare par le fameux Giuseppe Guarneri vers le milieu du 18ème siècle. Afin d’honorer la mémoire d’Olé Bull, la famille décide d’offrir son violon au prestigieux Orchestre Philharmonique d’Oslo. Le violon pénètre dans la nuit d’un coffre fort dont la porte ne s’ouvre que de temps à autres.

 

Début janvier 1941, alors que les nuages noirs s’amoncellent au dessus des horizons blancs, des affiches sont collées un peu partout dans la ville de Bergen, annonçant la tenue d’un grand concert de gala en l’honneur du 175ème anniversaire de l’Orchestre Symphonique de Bergen. Le « Guarneri » d’Olé Bull est alors acheminé jusqu'à Bergen et c’est entre les mains du grand violoniste Juif Ernst Glaser qu’il va revivre pour un soir.

 

Les portes du « Palais des Concerts » s’ouvrent mais ce n’est pas de la musique que l’on entend mais des hurlements qui viennent de la rue. Un millier de membres de la Jeunesse Nazie se sont attroupés devant le Palais et distribuent des tracts sur lesquels on peut lire : « Comment peut-on laisser le « Guarneri d’Olé Bull », sali par les mains du Juif Moise Salomon, alias Ernst Glaser ?

 

Tant bien que mal, le concert commence mais les Nazis ne se dispersent pas. Soudain, ils font irruption dans la salle avec la ferme intention de lyncher le grand soliste. Quelques personnes tentent courageusement de s’opposer et un bain de sang est sur le point de remplacer un concert qui n’aura jamais lieu.

 

C’est à cet instant que le chef d’orchestre, Harald Heide, interrompt la musique et demande à l’orchestre d’interpréter l’hymne national afin de stopper l’avance des jeunes Nazis vers la scène en les obligeant à un garde à vous traditionnel qu’ils exécutent le bras levé en criant « Heil Hitler ». A peine le temps d’achever l’hymne, bien qu’un peu plus lent que d’habitude, Harald Heide sauve Ernst Glaser d’un lynchage fatal en le faisant descendre de scène avec le plus grand empressement. Un véhicule conduira immédiatement Ernst Glaser et sa famille vers la frontière avec la Suède.

 

Grâce à la folie du destin et grâce aussi au « Guarneri  interdit », Ernst Glaser sera un des seuls Juifs de Bergen à être sauvé de l’holocauste… Le violon a repris sa place, dans l’obscurité d’un coffre fort capitonné de l’intérieur. De temps à autres, le Roi de Norvège autorise que ce symbole de la nation rejoue et la porte du coffre s’ouvre…

 

3- LE VIOLON D’AUSCHWITZ

 

Seule une histoire que même des mots ne suffisent pas à raconter peut parler de ces violons qui, en une vie d’homme, montaient au ciel, volaient sur les toits et descendaient aux enfers d’où on ne revenait qu’avec la honte d’être revenu.

 

Impossible aussi d’imaginer le son d’une corde qui tremble en enfer mais quand cette corde se remet à trembler 66 ans plus tard, on ne peut qu’imaginer l’inimaginable.

 

Un jour de 1946, un pauvre bougre, qui ne semblait peser que le poids de son manteau et du violon qu’il tenait dans ses mains, se présenta au département social d’un des bureaux du « Joint ». Il s’adressa au premier employé qu’il aperçut. « Ce violon a sauvé ma vie », déclara l’homme sans nom, la gorge serrée. « Voyez-vous, j’étais un de ces musiciens ‘maudits’ de l’orchestre d’Auschwitz qui jouait de magnifiques mélodies aux déportés, en marche vers les chambres à gaz ». Et il poursuivit : « Les Juifs font confiance aux violons. Ils ne peuvent s’imaginer un instant que l’on peut mourir après avoir entendu le son d’un violon. Mon violon les a trompés, mais en même temps, il m’a sauvé ».

 

 

L’employé écoutait pieusement le récit du survivant. Lui se nommait Abraham. Abraham avait un jeune fils. Pas plus tard que la veille au soir, l’enfant dit à son père que son rêve est d’apprendre à jouer du violon. Il ne manque qu’un destin aussi fou qu’incompréhensible pour mettre le violon du vieil homme de la mort entre les petites mains d’un enfant plein de vie…

 

Abraham acheta le violon au survivant qui fut soulagé de s’en débarrasser. Le petit Freddie, le fils d’Abraham, fut heureux de ce cadeau inespéré. Le violon se remit à faire des gammes, cependant le son de ses cordes était aussi profond qu’une prière.

 

D’année en année, de mains en mains, le violon se retrouve sur la table de notre luthier. En l’ouvrant, le luthier découvre que le périple de ce violon a fait un détour par Budapest…Une nouvelle page de son histoire aussi inattendue qu’émouvante est « dessinée » dans le bois…

 

 4- LE VIOLON DE MOSHE WEINSTEIN

 

On raconte que Moshélé avait à peine 6 ans quand des musiciens Klezmer venus de Cracovie arrivèrent au village. Tous les enfants étaient de la fête sans jamais y être invités. Les gâteaux que l’on distribuait en étaient la cause. Moshélé s’était fait une place de roi sous la table, entre les jambes des Hassidim quand soudain, les violons Klezmer se sont mis à danser. Moshélé était comme hypnotisé. Leurs sons ne le quittèrent plus jamais.

 

Le lendemain, Moshélé avait disparu de la maison. Sa mère Esther l’avait cherché dans chaque rue du village mais Moshélé restait introuvable. Grâce au cordonnier, on apprit que Moshélé courait derrière la charrette des Klezmers sur la route de Cracovie. Des Hassidim, papillotes au vent, rattrapèrent Moshélé courant avec insouciance dans un nuage de poussière et de quelques notes de musique s’y échappant. Rien à faire, ce n’est qu’avec un violon à la main que Moshélé reprit le chemin du village.

 

Un jour, il construisit son premier violon avec le bois d’un tonneau de harengs et, malgré l’odeur, Moshélé devint violoniste. Il apprit au Conservatoire de Vilna, et réparait des violons chez un luthier Juif de Varsovie du nom de Jacob Zimmerman. Et c’est justement Jacob Zimmerman qui, un hiver de 1938, pressa Moshélé de partir. « Avec ce métier, disait-il, tu pourras aider tous ceux qui partent pour la Palestine…Ne sont-ils pas tous violonistes après tout ? ». Effectivement, arrivé en Palestine, Moshélé cueillit des oranges durant toute une année... Ce n’est que plus tard qu’il installa un petit atelier à Tel-Aviv. On était en 1940…

 

Néanmoins, avant de partir, Moshé avait reçu du Maître Jacob Zimmerman, un magnifique violon qu’il prit soin de chérir car ce violon allait malheureusement devenir le seul « membre de sa famille » qui non seulement allait survivre à l’enfer mais allait en fait s’avérer la raison qui décida Moshé de partir et de vivre.

 

 

5- LE VIOLON DE ERICH

 

Erich est né au début du siècle dernier à Vienne. Dès l’enfance, il tient dans ses mains un violon mais il ne sait pas encore que ce violon va devenir le seul compagnon, « être humain » et « membre de la famille » qui l’accompagnera durant toute sa vie. 

Et c’est avec le violon à la main qu’Erich est arrêté à Vienne. C’est avec le violon à la main qu’il tente de dormir debout dans l’étouffement insupportable du wagon à bestiaux. C’est avec le violon à la main qu’il arrache à la vie un jour et encore un jour dans un « quelque part » qui n’était qu’un « nulle part », entre Buchenwald et Dachau. Et puis, c’est avec le violon à la main qu’il passe les barbelés du camp dans le sens de l’impossible grâce à un stratagème mis au point par un parent haut placé dans l’église. C’est avec le violon à la main qu’il s’embarque clandestinement dans un de ces « cercueils flottants » où l’endroit le plus sec était le pont supérieur sous les embruns, le seul duquel on pourrait apercevoir, après 2000 ans et quelques jours de navigation, ce rivage irréel aux odeurs d’orangers. Et c’est avec le violon à une main menottée à l’autre, qu’un rivage si proche allait rester si loin...

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