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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 12:57

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  IL PRIMO WEB MAGAZINE AL MONDO DI MONACO DIVENUTO CARTACEO.

       

IN PAGINA WEB AMBASCIATA D'ITALIA NEL PRINCIPATO DI MONACO   
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LES COLLOQUES DE MENTON : "PENSER NOTRE TEMPS "

 

Samedi 27 octobre à 14h30

 

Palais de l’Europe – Théâtre Francis Palmero

 

Entrée libre

 

www.menton.fr/colloques

 

***

 

Samedi 27 octobre 2012

Thème « Science et Conscience »

 

« Peut-on légaliser l’euthanasie ? »

 

La Loi Leonetti du 22 avril 2005, relative aux droits des patients en fin de vie, a pour teneur d’éviter les pratiques de l’euthanasie et d’empêcher l’acharnement thérapeutique. Ce texte permet, dans un cadre bien défini, l’arrêt d’un traitement médical trop lourd et le développement des soins palliatifs administrés aux patients en fin de vie, pour soulager leurs souffrances ; l’euthanasie active reste punie par la loi.

Aujourd’hui, une nouvelle mission de réflexion dirigée par le professeur Didier Sicard envisage de dépasser la loi Leonetti. Au-delà du débat « pour ou contre l’euthanasie », peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’administration thérapeutique ne suffit plus ? L’offre des soins palliatifs est-elle adaptée en France ?

Le rapport « Fin de vie, un premier état des lieux », publié en février dernier, fait apparaître le rallongement constant de l’espérance de vie et la modernisation scientifique et technologique, qui rendent aujourd’hui chroniques des maladies autrefois mortelles. Avec l’intensification des moyens médicaux est apparue la notion d’« acharnement thérapeutique ». En mars 2012, lors d’un sondage, 91% des Français se déclaraient favorables à une nouvelle législation en faveur d’une administration directe de la mort dans des cas extrêmes. La commission  présidée par le professeur Sicard devra dire si la France s’en tient au refus de l’euthanasie active, comme la majorité des états européens, ou si elle autorise sous certaines conditions le droit de mourir, comme le font la Belgique et les Pays-Bas. Le  respect du Cinquième Commandement « Tu ne tueras point » est essentiel au bon fonctionnement de la société. Cependant, l’euthanasie peut apparaître comme un acte de compassion. Sa transgression peut-elle être tolérée dans certains cas ?

Il est des débats plus difficiles que d’autres. Celui de l’euthanasie, qui traverse une société française où l’espérance de vie croît actuellement de 2 à 3 mois par an, en fait partie et semble délicat à trancher. Il convient de questionner l'humanité du dilemme, sans parti pris, en examinant les enjeux affectifs et philosophiques, bien entendu, mais aussi économiques, sociaux et politiques qui en découlent. Si les clivages sont vifs entre partisans et détracteurs, tous s’accordent sur un point : le respect de la dignité humaine.

 

Intervenants :

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Jean LEONETTI, Député des Alpes-Maritimes, Maire d’Antibes, Ancien ministre chargé des affaires européennes, Rapporteur de la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie

Mylène BOTBOL-BAUM, Professeur de philosophie et de bioéthique à l’Université de Louvain en Belgique, membre du centre de recherche Santé et Société

LES COLLOQUES DE MENTON »PENSER NOTRE TEMPS »

 

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Jacques Ricot

 

Euthanasie : pour une éthique du lexique

 

On comprend que le pouvoir actuel se refuse d’utiliser le mot euthanasie qui a perdu, dans l’usage et depuis plusieurs décennies, son sens étymologique assez vague de bonne mort pour signifier la mise à mort délibérée d’une personne dans l’intention de mettre fin à ses souffrances. L’actuel président de la République ne reprend donc plus à son compte ce mot qui figurait dans une proposition de loi déposée par Parti socialiste discutée le 19 novembre 2009 à l’Assemblée nationale, proposition que le député François Hollande avait votée, et qui demandait crûment que soit organisée lors de « la formation initiale et continue des professionnels de santé, une formation sur les conditions de réalisation d’une euthanasie ».

Prenons acte du refus d’un mot et du fait que la réflexion qui s’annonce n’est pas figée avant même de s’ouvrir. Mais précisons que la première condition d’un débat sain et serein réside dans le respect de l’éthique du lexique. « Mal nommer un objet, disait Camus, c’est ajouter au malheur de ce monde. »

Ainsi, légaliser un acte homicide en le nommant pudiquement « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » relèverait d’une entreprise particulièrement cynique de détournement sémantique. D’une part, « l’assistance médicale », sauf à trahir le cœur de la morale hippocratique, consiste à soulager les souffrances et non à éliminer le souffrant, et la loi actuelle en fait un impératif, même si ce soulagement devait avoir comme, conséquence indirecte, l’abrègement des jours. Bernanos, dès 1938, avait adressé une mise en garde prémonitoire : on ne saurait confondre « dans la même horreur la souffrance et le souffrant ». D’autre part, la « dignité » invoquée ne saurait jamais signifier que l’on pourrait la « perdre » et donc justifier la suppression délibérée d’un être humain quel que soit son état.  La dignité ne peut être autre chose que la valeur inconditionnelle accordée à l’homme dès lors qu’il est un homme : désormais gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, elle ne peut pas être enrôlée pour légitimer le geste euthanasique et c’est ce que reconnaissent loyalement certains partisans de la légalisation de l’euthanasie. « Terminer sa vie dans la dignité » est donc une expression qu’il conviendrait de bannir si sa seule fonction était de dissimuler un permis légal de tuer.

En fin de vie, il existe des situations-limites, des zones grises, où le jugement doit s’exercer. Bien que rarissimes (malgré l’effet de loupe médiatique), justifient-elles des exceptions juridiquement balisées légalisant le geste qui fait mourir volontairement ? Là encore l’éthique du lexique ne doit pas donner au mot d’exception un sens dévoyé. Un avis du Comité consultatif national d’éthique avait naguère proposé, non sans confusion, la notion d’« exception d’euthanasie ». Le philosophe Paul Ricœur s’en était inquiété : une exception légalisée, expliquait-il, n’est plus une exception, comme une transgression légalisée n’est plus une transgression. C’est à la conscience morale individuelle et à la sagesse des tribunaux de les apprécier, non au législateur. Telle est aussi la position d’une grande voix morale, Robert Badinter.

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