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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 21:00

 

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  ROYAL MONACO  WEB MAGAZINE

 

  

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Giovanni Belzoni et Howard Carter : les aventuriers de l’Égypte perdue

http://www.mystere-tv.com

 

L'histoire de Carter est archi connue, en revanche Belzoni est l'un des grands oubliés de l'égyptologie ; ce reportage montre à quel point ses découvertes ont contribué à la mise à jour du formidable patrimoine archéologique égyptien. En revanche ses méthodes feraient frémir un archéologue contemporain


Belzoni1.jpgGiovanni Belzoni (1778-1823) et Howard Carter (1974-1939) : deux hommes, à cent ans de distance, fascinés par l'Egypte ancienne et ses mystères. Deux figures clés de l’égyptologie auxquelles on doit quelques-unes des plus grandes découvertes de l’archéologie égyptienne des XIXe et XXe siècles. Leurs exploits fabuleux s’alignent comme des titres de romans d’aventure : découverte du tombeau de Séthi 1er (Belzoni), exhumation du grand temple de Ramsès II à Abu Simbel (Belzoni), ouverture de la seconde entrée de la pyramide de Khephren (Belzoni), découverte du tombeau de Toutânkhamon (Carter).

Leurs trouvailles et leurs récits passionneront l'Occident pendant longtemps, créant un engouement spectaculaire pour l’Égypte. Mais Belzoni et Carter, personnages hauts en couleur, seront aussi décriés de leur vivant que contestés après leur mort. Certains les accusent en effet d'avoir pillé l'héritage de l'Égypte antique, pénétrant dans les tombeaux par des procédés qui feraient hurler les archéologues d’aujourd’hui, travaillant sans méthode scientifique, privilégiant les découvertes spectaculaires aux fouilles minutieuses, si riches en enseignements…

Il n’en demeure pas moins que l’héritage de ces deux pionniers constitue un legs inestimable qui permit de faire éclater au grand jour la grandeur et le raffinement de l’Égypte ancienne. Ce documentaire nous entraîne sur les pas de ces deux chercheurs obstinés qui répondirent à l’appel de leur passion pour l’Égypte et montre leurs destins croisés.

. Belzoni : l’aventurier

Né à Padoue en 1778, Giovanni Belzoni est dès son plus jeune âge passionné par la mécanique. Conscient de ces aptitudes, son père l’envoie développer son talent dans un monastère, où l’on dispensait à l’époque un enseignement scientifique de qualité. Mais les guerres Napoléoniennes qui ravagent l’Italie vont occasionner la fermeture de nombreux établissements religieux, dont celui où le jeune Belzoni étudie.

Mesurant plus de deux mètres – une taille exceptionnelle pour l’époque – celui-ci se retrouve alors jeté sur les routes, passant de la vie d’étudiant à la rude existence de vagabond. Il échoue on ne sait trop comment à Londres en 1803 et utilise son physique de colosse pour devenir Monsieur Muscle dans un cirque. Surnommé le « Samson de Patagonie » ou l’ « Hercule Italien », il ne tarde pas à devenir une vedette en Angleterre, où les foules se pressent pour voir ses numéros.

Mais Belzoni aspire à une autre forme de reconnaissance. Le démon de l’aventure, hérité de sa période de vagabondages, ne cesse de le titiller. Las de sa vie de phénomène, Belzoni cède de bonne grâce à sa tentation de tout laisser derrière lui et quitte l’Angleterre pour l’Espagne, et bientôt pour le Portugal, puis Malte. On ne sait pas avec exactitude ce qu’il y fit ; toujours est-il qu’on le retrouve ensuite en Égypte, où il compte mettre en pratique ses connaissances en ingénierie hydraulique pour vendre des pompes à eau destinées à l’irrigation. L’entreprise est un échec cuisant sur le plan commercial, mais Belzoni tombe passionnément amoureux du Caire et de l’Égypte. Dans cette ville en proie à une agitation permanente, creuset de mille passions exotiques, Belzoni se métamorphose radicalement, s’habillant à l’orientale et se laissant pousser la barbe pour se fondre aux autochtones.

. Premier exploit
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Il doit cependant songer à gagner sa vie car le capital dont il disposait, déjà mis à mal par son entreprise avortée d’installation de pompes à eau, s’épuise rapidement. L’Égypte est alors le théâtre d’une lutte acharnée entre Français et Anglais pour la récupération d’antiquités destinées à leurs musées nationaux. C’est dans ce contexte de « chasse au trésor » que Belzoni entend parler d’une gigantesque tête de statue qui se trouve à Thèbes, une ville située sur le Nil, à 350 km au sud du Caire.

Grâce à son passeport britannique, Belzoni entre alors au service du consul anglais Henry Salt, et ne tarde pas à convaincre celui-ci d’accepter de financer une expédition pour ramener le buste monumental au Caire. Les terres dans lesquelles il s’apprête à pénétrer sont livrées à elles-mêmes et en grande partie inexplorées, constituant le rêve de tout chercheur de trésor. Belzoni mord dans cette aventure avec sa passion habituelle et arrive à Thèbes, où il à le souffle coupé devant l’architecture monumentale qu’il découvre. A cette époque, de nombreux monuments sont encore intacts, offrant un incroyable trésor de statues, de fresques et de bas-reliefs.

C’est ainsi que Belzoni se retrouve devant le buste colossal de 7 tonnes qui git dans les sables du désert depuis plus de 3000 ans. Il le contemple avec un mélange de vénération et d’appréhension, car il sait que ce sont sa réputation personnelle et sa fortune qui se jouent autour de la réussite de ce projet fou consistant à ramener la statue au Caire. Il doit aussi faire vite, en effet, l’un de ses rivaux déclarés, l’ambassadeur de France Bernardino Drovetti, a lui aussi des vues sur la statue. Heureusement, grâce à l’aide anglaise Belzoni a les moyens financiers de ses ambitions ; il recrute ainsi tous les habitants du village voisin, et après 17 jours d’efforts titanesques, la statue de 7 tonnes est tirée jusqu’au Nil, distant de 3 km. Elle peut alors être embarquée pour être transportée jusqu’au Caire, d’où elle sera expédiée jusqu’en Angleterre.

. Chasseur de trésors
Belzoni2.jpgAprès cet exploit retentissant, Belzoni se lance dans la remontée du Nil, à la recherche d’autres trésors dont il a entendu parler. Deux semaines plus tard, il atteint le petit village d’Abu Simbel. Les têtes de quatre statues colossales émergent du sable millénaire, piquant à vif la curiosité de l’aventurier, qui suppute l’existence d’une construction dont l’entrée serait ensevelie. Après un long travail de désensablage, l’entrée d’un temple taillé à même la falaise est mise à jour. A cette époque, les hiéroglyphes n’ont pas encore livré le secret de leur signification aux chercheurs ; en y pénétrant Belzoni ne sait donc pas qu’il s’agit du grand temple de Ramsès II, l’un des plus puissants pharaons de l’Égypte ancienne.

Mais aucune des statues monumentales d’Abu Simbel ne se prête au transport, et Belzoni repart vers le Caire les mains vides, conscient de l’intérêt archéologique de sa découverte mais contrarié qu’elle ne puisse lui rapporter autre chose que du prestige. Sur le chemin du retour, il se « consolera » à Thèbes en emportant une grande quantité d’objets, de fresques et de bas-reliefs, qui feront de lui le possesseur de la plus impressionnante cargaison d’antiquités égyptiennes jamais découverte. Celle-ci est destinée à l’Angleterre, où elle rejoindra les collections du British Museum. En tout cas Belzoni a trouvé sa vocation à l’issue de ce voyage : même si l’appellation n’existe pas encore, il est devenu l’un des premiers archéologues du monde.

. Dans la Vallée des Rois


Après le succès de cette première expédition, Belzoni accepte d’être le pourvoyeur d’antiquités du consul Salt. Il organise alors une seconde expédition à Thèbes, d’où il compte ramener une nouvelle cargaison d’antiquités. Mais son insatiable curiosité le pousse à explorer les environs ; franchissant une chaîne de collines désertiques, il pénètre alors dans le lieu le plus sacré de l’Égypte ancienne : la Vallée des Rois.

Pendant plus de 500 ans, les pharaons y ont été enterrés dans des tombes souterraines appelées hypogées. Momifiés selon un rituel qui durait 70 jours, les rois d’Égypte croyaient que la préservation du corps et la mémoire du nom conféraient l’immortalité. Leur tombeau avait une grande importance à leurs yeux car c’était leur demeure dans l’autre monde. Ils s’y faisaient enterrer avec le contenu de leur habitation. Appâtés par ces trésors, les pilleurs de tombe avaient déjà ratissé la Vallée des Rois depuis longtemps à l’époque où Belzoni s’y aventura, mais ce dernier était persuadé qu’un certain nombre de tombeaux avait échappé à leur razzia. En à peine huit jours, il réalise ainsi l’inconcevable : la découverte de deux sépultures royales.

Celles-ci ont déjà été visitées, mais leurs peintures murales sont encore en bon état. Ces tombes le renforcent dans l’idée que la Vallée des Rois n’a pas encore révélé tous ses mystères, et il entend les découvrir. Il décide alors de suivre le cours d’un petit ravin par lequel les eaux de pluie pénètrent sous la terre. Ses ouvriers le croient fou : quel pharaon aurait souhaité avoir sa dernière demeure à proximité d’un cours d’eau ? Mais quelques jours plus tard, ils mettent à jour ce qui restera sans doute comme la plus importante trouvaille archéologique de Belzoni, le plus vaste et le plus somptueux tombeau de la Vallée des Rois : celui de Séthi 1er. Sur le moment, Belzoni ne peut cependant qu’admirer l’agencement intérieur du tombeau et la splendeur des fresques qui ornent ses murs, car les hiéroglyphes, dont le mystère n’a pas encore été percé, ne peuvent lui révéler l’identité de son occupant.

. Course à la gloire

Le retour de Belzoni au Caire devrait être triomphal, mais il a le goût amer des victoires dont on a été dépossédé. En parcourant la presse Européenne, l’archéologue découvre en effet que toutes ses découvertes et ses travaux ont été attribués à d’autres personnes : son nom n’est même pas mentionné. Fou de rage, Belzoni décide de prouver sa valeur en s’attaquant à une énigme qui tient les érudits en haleine depuis près de 3000 ans : l’emplacement de l’entrée de la seconde plus grande pyramide, le tombeau du pharaon Khephren.

Se déjouant des pièges du labyrinthe intérieur de la pyramide et contournant les barrières de granit, Belzoni explore les corridors et finit par découvrir une immense chambre mortuaire. Il est le premier homme à s’y tenir depuis deux millénaires. Bien décidé à ce que, cette fois, son nom soit associé à cette découverte, il y laisse sa signature en lettres d’un mètre de haut ainsi que la date, 1818. Ce procédé qui peut paraître choquant au regard des méthodes d’investigation de l’archéologie moderne, en dit long sur la soif de reconnaissance de Belzoni. En signant ainsi sa découverte, il devenait partie intégrante de la pyramide.

Après ce coup d’éclat, il retourne en Angleterre et s’attache à l’écriture de ses mémoires. L’ouvrage qu’il publie connaît un succès immédiat, prolongé par une exposition, un an plus tard, qui fait elle aussi sensation. Belzoni y a reconstitué fidèlement l’intérieur du tombeau de Sethi 1er, permettant au public ébloui de s’immerger dans l’atmosphère du sanctuaire de ce pharaon. Un schéma localisant l’entrée de la chambre mortuaire de Khephren et des croquis du temple d’Abu Simbel complètent l’ensemble.

En seulement 5 ans, Belzoni a accompli en Égypte plus que quiconque avant et après lui, alimentant par ses trouvailles le hall égyptien du British Muséum et suscitant un engouement sans précédent pour l’Égypte ancienne. Cette contribution lui vaut la célébrité auprès du public et une certaine forme de reconnaissance de la part du monde scientifique. Mais Belzoni en veut toujours plus. Un an plus tard, il part pour l’Afrique avec le projet de trouver les sources du Niger. Durant cette expédition, il contracte la dysenterie et meurt le 3 décembre 1823, âgé de seulement 44 ans. Il est alors à l’apogée de sa gloire, mais sa réputation lui survivra.

. Howard Carter, le rebelle

L’ouvrage de Belzoni, « Voyage en Égypte et en Nubie », jouera sans doute un rôle dans la fascination pour l’Égypte d’un autre personnage qui marquera lui aussi l’histoire de l’archéologie égyptienne : l’anglais Howard Carter. Cette passion se manifeste dès son enfance ; sous la tutelle de son père, illustrateur, il passe des heures à dessiner les pièces de la collection égyptienne d’une propriété voisine et rêve de pouvoir un jour se rendre sur la terre des pharaons.

Ce rêve prendra forme en 1891. Son père l’aide à trouver un emploi en Égypte, où il travaille pour le compte de l’archéologue Percy Newberry à recopier les fresques des tombes de Beni Hassan. Son esprit brillant attire bientôt l’attention de l’un des égyptologues les plus célèbres de l’époque, Flinders Petrie. A ses côtés, Carter perfectionne ses connaissances en archéologie et sa technique de fouille, apprenant à examiner le moindre détail du terrain et à tout consigner ses observations dans des notes.

Carter se taille bientôt une solide réputation dans la petite communauté des chercheurs, toutefois son absence de bonnes manières et son caractère instable lui portent ombrage parmi ses pairs, qui voient en lui un rustre mal éduqué. Cela n’empêche pas sa carrière de décoller. En 1899, à la surprise générale, Carter est engagé pour assurer la sauvegarde de tous les monuments d’Égypte du sud. Il n’a alors que 25 ans et une voie royale s’offre à lui.

. Inspecteur général

Carter s’investit énormément à ce poste d’inspecteur en chef des monuments historiques égyptiens. Galopant de site en site sur son cheval, il semble avoir trouvé le bonheur dans la réalisation de ses rêves d’enfant. Cet emploi lui donne aussi la possibilité de diriger des fouilles de son propre chef. Supervisant les chantiers de la Vallée des Rois, son instinct et sa connaissance du terrain l’amènent ainsi à découvrir de nombreuses sépultures.

Mais Carter sait aussi que le désert n’est pas le meilleur endroit pour chercher des tombes. Il a lié des liens secrets (car désapprouvés par sa hiérarchie) avec des pilleurs de tombeaux et collecte par ce biais de précieuses informations sur les zones qu’ils prospectent, les indices dont ils se servent pour repérer les tombes inviolées, leurs techniques d’effraction, etc.

Mais en 1905, l’avenir professionnel de Carter est brutalement remis en question. Un groupe de touristes français ivres pénètre au siège du service des antiquités qu’il dirige et commence à s’en prendre aux gardiens égyptiens. Carter intervient et donne l’ordre à ses hommes de faire usage de leurs matraques pour jeter les intrus dehors. Carter réalise-t-il alors qu’il est en train de briser un tabou colonial voulant qu’un indigène ne puisse lever la main sur un blanc ? Sans doute pas. Dans le pugilat qui suit, il se jette d’ailleurs lui-même dans l’action pour prêter main forte à ses hommes. L’affaire dégénère rapidement en incident diplomatique. Sommé de présenter ses excuses, Carter refuse. Il se voit alors contraint de démissionner de son poste.

. A la recherche du tombeau de Toutankhamon

Après avoir quitté ses fonctions, Carter remonte le Nil jusqu’à Thèbes. Vexé, humilié, il ne parvient pas à digérer l’incident. Au cours des trois années qui suivent, il gagne tant bien que mal sa vie comme guide et peintre d’aquarelles qu’il vend aux touristes de passage. Sa situation est au plus mal lorsqu’il se lie avec celui qui va transformer sa vie : Lord Carnavon.

A la tête d’une fortune considérable, ce dernier est venu en Égypte pour se remettre des suites d’un accident de voiture. N’ayant pas tardé à s’y ennuyer, il s’est pris d’intérêt pour les fouilles archéologiques, qu’il pratique en dilettante. Mais sa première année d’exercice ne lui a pas permis de découvrir autre chose qu’un chat momifié et quelques objets sans valeur. C’est donc en quête d’un spécialiste reconnu pour l’épauler que Carnavon se tourne vers Carter.

Cette collaboration se transforme rapidement en une solide amitié. La vie de Carter change alors du tout au tout. Les largesses de Carnavon lui permettent de tourner définitivement le dos au spectre de la misère ; en 1910, il se fera même construire une maison dans le désert près de Thèbes. Mais l’investissement de Carnavon est aussi un pari sur l’intuition de Carter, par le biais duquel il espère accéder à la célébrité. Carter l’a en effet convaincu du bien fondé de l’une de ses théories voulant qu’une sépulture royale inviolée se trouve encore quelque part dans la Vallée des Rois. Ce tombeau serait celui de Toutankhamon, le onzième pharaon de la XVIIIe dynastie.

La Première Guerre Mondiale mettra ce projet entre parenthèses pendant trois ans durant lesquels Carter servira l’Angleterre comme agent secret au Caire. Mais en raison de ses origines modestes et de son passé, il sera cantonné à un fastidieux travail de bureau. Reprenant ensuite le fil de ses recherches, Carter commence par dresser un plan détaillé de la Vallée des Rois, où Carnavon, grâce à ses relations, a obtenu l’autorisation exceptionnelle de faire des fouilles.

La plupart des archéologues considèrent ce projet comme une chimère, mais Carter est convaincu du bien-fondé de son entreprise. Après avoir délimité un périmètre de fouille triangulaire formé par les tombeaux de Ramsès II, Mérenptah et Ramsès VI, il entreprend de ratisser cette zone. La première année de fouilles ne donne aucun résultat. L’année suivante, Carter met la main sur treize jarres. Puis de nouveau rien, et ainsi de suite pendant 6 ans. Carter devient la risée des autres archéologues, qui voient dans son entreprise un colossal gâchis d’argent et d’efforts.

Las d’investir à fonds perdus, Carnavon convoque alors Carter pour lui signifier la fin de son financement. En désespoir de cause, Carter déroule devant son mécène la carte de la Vallée des Rois et lui montre que le triangle qu’il avait délimité a été entièrement fouillé à l’exception d’un petite zone située à proximité du tombeau de Ramsès VI. Carter propose alors à Carnavon d’assumer personnellement les frais du chantier s’il lui obtient l’autorisation de poursuivre les fouilles. Touché par cette proposition, Carnavon accepte, mais il financera lui-même cette dernière tranche de fouilles.

. La découverte

De retour en Égypte, Carter comprend que c’est sa dernière chance de concrétiser ce qui est maintenant le projet de sa vie. Sur le chantier, il tente de galvaniser le moral de ses troupes en leur faisant miroiter une importance récompense en cas de découverte du tombeau. Tout le monde travaille d’arrache-pied, et l’impensable se produit : un bloc de calcaire est découvert sous le sable, signalant la présence d’un bâtiment enterré.

Immédiatement prévenu par télégraphe, Carnavon part pour l’Égypte toute affaire cessante. Pendant ce temps là, Carter redouble d’efforts pour désensabler la structure. Au bout de deux jours d’un travail frénétique, ses ouvriers mettent à jour un escalier conduisant à une porte scellée portant le sceau d'Anubis, qui signale la tombe d'un grand personnage. Deux semaines et demie plus tard, le 25 novembre 1922, Carter perce le mur qui protège la sépulture. Jetant un œil à travers l’ouverture, il se fige sous l’effet du choc ; à l’intérieur se trouve tout le mobilier funéraire du pharaon : trône doré, lits en forme d'animaux, chars démontés, statues et statuettes, vases, conserves funéraires, etc.

La découverte fait la une de tous les journaux. On se presse bientôt de tous les coins du monde dans la Vallée des Rois pour assister au vidage du tombeau de Toutankhamon. Les objets qui s’y trouvent – la plupart sont en or – enflamment l’imagination du public, et l’héroïque obstination de Carter et de Carnavon, après avoir suscité les pires railleries, devient soudain l’objet d’une admiration sans bornes.

Carter a ramené un pharaon des temps anciens à la vie. Toutankhamon appartient désormais au patrimoine de l’humanité. Dégager entièrement la tombe est une tâche immense qui occupera les dix années suivantes de la vie de Carter. Cette période verra également l’amitié qui le liait à Carnavon se détériorer, jusqu’à ce que les deux hommes finissent par ne plus s’adresser la parole. Le décès de Carnavon, le 5 avril 1923, mettre un terme définitif à leur relation. Cette mort lancera la rumeur d’une malédiction des pharaons, mais Carter n’accordera jamais le moindre crédit à ce qu’il considérait comme une superstition indigne de son esprit scientifique.

La découverte du tombeau de Toutankhamon lui aura permis d’accéder à la célébrité, mais il n’écrira jamais l’ouvrage ou la thèse qui lui aurait donné sa place dans le gotha des égyptologues. Devenu un vieillard malade, il tue le temps à la terrasse d’un hôtel de Louxor, passant ses journées à boire. Il s’éteindra en 1939, d'une cirrhose du foie, à l'âge de 64 ans. La petite histoire veut qu’un seul de ses collègues archéologues ait été présent à ses funérailles. Sa pierre tombale mentionne simplement « Howard Carter – Archéologue et Égyptologue ». Mais peut-être son épitaphe aurait-elle du être cette inscription retrouvée sur une coupe du trésor de Toutankhamon : « Puisse ton esprit survivre. Puisses-tu passer des millions d’années, toi qui aimes Thèbes, assis face au vent du nord, à contempler le bonheur dans les yeux. »

EN RÉSUMÉ : Le principal défaut de ce film est en fait un regret : pourquoi avoir voulu « emballer » les destinées de Giovanni Belzoni et d’Howard Carter dans un format de 45 minutes alors qu’il aurait fallu consacrer à chacun d’eux un documentaire complet ? En effet, chacune de ces destinées hors-norme se prêtait à un portrait « grand format » tant il y avait d’histoires à raconter, d’anecdotes à évoquer, de découvertes fabuleuses à reconstituer autour de ces deux personnages fascinants.

Une fois cette (gentille) critique formulée, on ne peut que reconnaître la réussite du projet qui consiste à nous emmener sur les traces de ces deux personnages qui ont révolutionné – voire fondé – l’égyptologie par le biais de leurs découvertes. La réalisation, reposant sur un mélange d’images d’archives, de reconstitutions et de lectures des carnets de notes des deux hommes, nous immerge au cœur de leurs vies respectives, permettant d’appréhender la formidable énergie et la passion dévorante pour l’Égypte qui les animait. On revit avec Belzoni l’arrivée à Thèbes, la découverte du temple d’Abu Simbel, l’entrée dans la pyramide de Khephren ; on partage la lassitude et les doutes de Carter après six années de fouilles infructueuses dans la Vallée des Rois, avant de s’enthousiasmer avec lui devant les trésors de la chambre funéraire de Toutânkhamon. Il est rare qu’un documentaire soit aussi immersif, cette réussite est donc à saluer.

Le contexte de l’Égypte ancienne n’est pas oublié, avec d’intéressants commentaires retraçant l’histoire des lieux évoqués et de superbes images dévoilant leur splendeur architecturale et leurs richesses artistiques. Tout cela forme un ensemble des plus captivants qui permet de passer un moment inoubliable dans le sillage de deux des plus grands aventuriers des 19ème et 20ème siècles. A voir absolument !

Giovanni Belzoni et Howard Carter : les aventuriers de l’Égypte perdue a été vue 4119 fois.


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