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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:29

 

Diesel : un scandale sanitaire méconnu ?

 

Publié le 06/06/2012

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Paris, le mercredi 6 juin 2012 – Les moteurs  diesel équipent 70 % des voitures circulant dans notre pays. Cette situation a été favorisée par le prix élevé de l’essence et la plus faible consommation des moteurs diesel mais aussi par l'industrie automobile française et les pouvoirs publics. Le système de bonus/malus écologique mis en place en 2008 a ainsi contribué à doper la vente de voitures diesel. Et s’il est indéniable que même équipées d’un pot catalytique les moteurs à essence dégagent des quantités de CO² bien plus importantes que les diesels (ce qui justifie les malus), les méfaits spécifiques du diesel sont de plus en plus activement dénoncés.

Pour les professionnels, le diesel est aussi toxique que l’amiante

Les oxydes d’azote (NOx) rejetés par les moteurs diesels apparaissent en effet plus nocifs pour la santé que le CO² et aussi délétères pour l’environnement. L’attention s’est également portée sur les particules fines rejetées par ces voitures, les benzopyrènes, qui pourraient favoriser le développement de nombreuses pathologies. Or, les filtres à particules ne permettent pas d’empêcher la dispersion dans l'atmosphère de la totalité des particules fines (mais seulement de 90 % lorsqu’ils sont parfaitement entretenus), tandis que les pots catalytiques sur les voitures diesels demeurent imparfaits face aux oxydes d’azote.

Ces différents éléments ont incité les chercheurs à multiplier les études physiopathologiques et épidémiologiques pour tenter d’évaluer l’impact sanitaire des moteurs diesel. Ainsi, en 2000, des chercheurs suédois de l’hôpital Karolinska à Stockholm avaient confirmé que chez les personnes fortement exposées aux particules diesel en raison de leur activité professionnelle, l’augmentation du risque de souffrir d’un cancer du poumon équivalait à celui favorisé par l’inhalation de fibres d’amiante. Par ailleurs des modélisations américaines réalisées en 2002 indiquaient que les particules de suie liées aux moteurs diesels entraînaient un réchauffement de l’atmosphère comparable au CO².

Filtres à particules et pots catalytiques : des écrans de fumée

Fort de ces différentes données, Bruno Guibeaud, responsable d’Europe Qualité Expertise, un des plus grands réseaux d’experts automobiles français, interrogé hier par le Parisien estime que la préférence accordé encore aujourd’hui aux diesels en France fait le lit d’un important scandale sanitaire. Il met notamment en cause les discours visant à conférer une totale efficacité aux filtres à particule et autres pots catalytiques. « Le filtre à particules ne s’attaque qu’aux particules sans faire de chimie fine. Or le diesel émet aussi des oxydes d’azote (…). Le pot catalytique, lui, ne fonctionne qu’à partir d’une certaine température… que les voitures n’atteignent pour ainsi dire jamais en ville. Résultat, les moteurs diesel s’encrassent et émettent encore davantage de particules fines. (…) Une partie des dispositifs antipollution mis en place ne font qu’accentuer le problème. La pollution est moins visible qu’autrefois, quand le diesel fumait noir, mais les particules fines et les gaz NOx (NO et NO²) sont toujours là et tuent tous les jours » indique-t-il.

Quand Tokyo bannit le diesel… et cherche à le rendre plus propre

Dès lors quelle solution envisager face à ce que Bruno Guibeaud décrit comme une « véritable bombe à retardement » ? Plusieurs voies semblent devoir être suivies. D’une part une atténuation des discours mettant trop systématiquement en avant l'intérêt écologique et sanitaire des voitures neuves et du diesel paraît nécessaire. En réalité, c’est au cas par cas que la préférence entre essence et diesel pourra être donnée en fonction de l’utilisation propre à chacun. Ainsi, pour ceux circulant peu et prioritairement en ville, le diesel ne paraît pas être le choix idéal d’un point de vue tant sanitaire qu’environnemental. De même, bannir les voitures les plus âgées (et censément les plus polluantes) de certaines zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA) pourrait n’être pas totalement efficace. « Un diesel récent au moteur encrassé pollue autant qu’un vieux » constate en effet Bruno Guibeaud. Les solutions destinées à limiter l’impact de la pollution provoquée par la circulation automobile paraissent donc devoir échapper aux discours simplistes qui tentent tout à la fois de doper l’industrie automobile et de lutter contre la pollution. Plus certainement, semble-t-il essentiel de donner la priorité à la recherche afin d’aboutir à l’élaboration de dispositifs anti polluants plus efficaces, voire à la mise au point d’un nouveau type de carburant moins néfaste pour la santé de l’homme et de la planète.

A cet égard, l’exemple japonais ne manque pas d’intérêt. Face aux diesels, le Japon effet opté pour une solution drastique en l’interdisant dans ses grandes villes. Une mesure ferme qui n’empêche pas les géants nippons de l’industrie automobile de poursuivre leurs recherches sur le diesel. Ainsi l’encyclopédie en ligne Wikipedia rapporte que Daihatsu Diesel et l'université d'Osaka ont mis au point en 2007 « un traitement de gaz d'échappement, sans catalyseur, détruisant 80 à 90 % des oxydes d'azote (NOx) et des particules (PM) par un plasma, qui produit du CO, transformé en CO² éliminé par une solution de sulfite, pour un coût annoncé très inférieur aux solutions catalytique ». A suivre.



Aurélie Haroche

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