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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 19:18
Coronavirus :Que savons-nous vraiment ?

Car que savons-nous vraiment ?

Pas grand-chose.

  • Il s’agit d’un virus, du type coronavirus.
     
  • Il nous a été transmis par un animal sauvage.
     
  • Il ne semble pas plus dangereux que les autres virus de grippe, mais cela peut évoluer.
     

Un virus, du type coronavirus. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Les virus sont des drôles de bestiole. Les scientifiques ne sont pas même d’accord entre eux pour dire s’il s’agit d’êtres vivants ou pas[1]. Comment est-ce possible ?Ils passent par deux phases. Une première où ils sont inertes, où ils ne font rien à part tenter de pénétrer dans une cellule hôte. Durant cette phase, ils ne consomment pas d’énergie, n’évoluent pas, ne se reproduisent pas : d’où le côté non vivant.À ce stade, pour l’organisme qui les héberge, ils sont sans conséquence. C’est pourquoi nous hébergeons en permanence des quantités de virus qui n’ont pas la capacité d’infecter l’Homme (mais qui peuvent infecter d’autres espèces animales, et inversement).

Des vampires inoffensifs chez leur hôte… jusqu’à une mutation

Lorsqu’ils parviennent à pénétrer dans une cellule, plus précisément, lorsqu’ils parviennent à faire pénétrer le virion, leur partie infectieuse, dans une cellule hôte, ils en font leur esclave. Ils détournent son métabolisme afin qu’elle travaille pour leur propre reproduction.Comme l’a expliqué le professeur André Lwoff, prix Nobel de médecine en 1965, dans un interview parue en 1966 :“Le virion se fixe sur la membrane cellulaire et pénètre dans la cellule. Le matériel génétique est libéré. Il se livre alors à une série d'opérations dont le résultat final sera la formation de nouveaux virions. (...) C'est pour cela qu'ils sont des parasites stricts et ne peuvent se développer qu'à l'intérieur des cellules dont ils utilisent toute la machinerie[2].Pourquoi nous rendent-ils malades ? Tout simplement parce que les cellules qui ont été infectées vont finir par mourir en explosant, libérant de nouveaux virus (je simplifie, regardez ici si vous voulez lire un cours de biologie sur les virus).Et les coronavirus ? C'est une des très nombreuses familles de virus, les virus dits enveloppés[3] parce qu’ils sont entourés par une couronne de protéines (d’où l'appellation corona). Tous les virus de la grippe sont des coronavirus[4].On connaissait jusqu’à présent six coronavirus capables d’infecter les humains : quatre donnant des infections respiratoires du type rhume, et deux, dont le coronavirus, provoquant des pneumonies (SRAS et MERS).

Un virus transmis à l’Homme par un animal sauvage.

L’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003-2004[5] et celle du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient)[6] en 2012 ont eu la même origine que le coronavirus : une mutation du virus, présent chez des animaux, qui l’a rendu infectieux chez l’Homme.Le SRAS nous a été transmis par une chauve-souris, pour le MERS on suspecte les dromadaires. Le coronavirus proviendrait, selon les dernières hypothèses, d’une chauve-souris ou d’un pangolin.

Des trafics clandestins d’animaux menacés d’extinction

Pourquoi ? Chaque espèce vivante héberge des quantités de virus différents, qui mutent en permanence avec plus ou moins de succès. Quand ils découvrent un nouvel hôte ils peuvent, ou pas, se révéler infectieux.Si vous voulez plus d’informations sur la transmission des virus depuis les animaux sauvages vers les humains, vous pouvez lire cet excellent reportage de la BBC.Et pourquoi ces virus émergent en Chine ? Parce qu’en Chine, il existe encore un très vaste commerce d’animaux sauvages, souvent à cause de considérations d’un autre temps. Les écailles de pangolin, par exemple, sont censées avoir des vertus aphrodisiaques[7]. Au Moyen Âge, les nobles et les chevaliers d’Europe pensaient aussi que manger de l’ours ou du sanglier leur donnerait de l’énergie sexuelle.Qui plus est, les Chinois commercialisent les animaux sauvages vivants, pour conserver leurs soi disant vertus jusqu’au moment où ils sont consommés. C’est cruel, absurde, et cela permet aux virus de rester actifs tandis que les animaux sont manipulés par des humains.C’est pourquoi la première action officielle du gouvernement local de Wuhan a été de fermer le marché d’animaux vivants et sauvages. Et si on peut espérer une conséquence positive à cette crise sanitaire, c’est bien la réduction du commerce et des trafics d’animaux sauvages provoqués par la demande chinoise.

Décrypter un nouveau virus est devenu facile

Pourquoi ce genre d’épidémies se multiplie depuis une vingtaine d’années. Tout simplement à cause des progrès technologiques réalisés en matière d’analyses de l’ADN. La technique du Next Generation Sequencing (qu’on pourrait traduire par “séquençage du génome nouvelle génération) permet de décoder un génome beaucoup plus vite[8]. Il y a fort à parier qu’il y a toujours eu des épidémies de ce genre mais qu’elles sont passées sous le radar, se mêlant sans qu’on s’en rende compte à l’épidémie de grippe annuelle, et disparaissant avant qu’on ait identifié le nouveau virus.

Un virus peu agressif, mais cela peut évoluer

Ce virus est-il dangereux ? C’est la question la plus importante. Si on le compare avec d’autres, et même si ces données évoluent encore, le coronavirus est relativement peu contagieux et peu virulent.Le virus semble un peu plus contagieux que la grippe annuelle (une personne contaminée en infecterait entre 2 et 3 autres en moyenne), mais beaucoup moins, par exemple, que la varicelle ou la rougeole (toutes deux à plus de 8).Il tuerait entre 0,5 et 3 % des personnes infectées, soit légèrement plus que la grippe annuelle, mais beaucoup moins que le SRAS (10 %) ou le MERS (30 %). Les victimes sont principalement des personnes en situation de faiblesse, des personnes âgées ou déjà malades.Si vous voulez plus d’éléments de comparaison, regardez cette remarquableanalyse du Monde. Cela veut-il dire qu’il ne faudrait pas s’en préoccuper, puisqu’il est comparable à une grippe normale ? Non, pour deux raisons.

  • On ne dispose pas encore de vaccin pour ce virus. Même si les vaccins contre la grippe sont plus ou moins efficaces selon les années, ils permettent de protéger en partie les populations à risque.
     
  • Le principal risque est que, maintenant que ce virus a franchi la barrière humaine, et qu’il se transmet entre humains, il mute dans une version beaucoup plus dangereuse. Ce n’est pas certain, mais c’est possible.
     

C’est la raison principale pour laquelle l’agitation à laquelle nous assistons, qui peut paraître excessive, s’agissant d’une maladie dont presque tout le monde guérit (le nombre de morts recensé jusqu’à aujourd’hui est faible en comparaison d’une grippe annuelle), est justifiée.Mieux vaut tenter de contrôler cette épidémie avant qu’elle ne devienne plus grave.C’est une simple application du principe de précaution.Et si on laissait l’épidémie sévir, et s’éteindre d’elle-même, ne serait-ce pas plus simple ? Il est impossible de savoir à l’avance si les perturbations engendrées par les mesures prises maintenant pour tenter de contrôler l’épidémie ont des effets économiques plus grands que les perturbations qui auraient résulté d’une pandémie non contrôlée. Et ce serait un calcul cynique que de se dire : laissons circuler un virus pour lequel nous n’avons pas de vaccin et qui ne tuera que les plus faibles, car tenter de le contenir va perturber l’économie mondiale.

Et moi, que puis-je faire contre cette maladie ?

Tout ce que je peux vous dire pour l’instant, s’agissant d’une maladie encore aussi mal connue, c’est de prendre les mêmes précautions que pour la grippe annuelle. N’allez pas dans les régions identifiées comme à risque, bien sûr. Essayez d’être en bonne forme générale pour ne pas être vulnérable face au virus (je sais, c’est facile à dire). Lavez-vous les mains régulièrement. Évitez autant que possible les contacts directs avec des gens malades.Et prenez soin de votre immunité, ce qui sera toujours utile.

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