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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 13:13
                  

Par Zara Nazarian,
Secrétaire générale internationale

 
Fin janvier, nous apprenions la triste nouvelle de la liquidation judiciaire sans poursuite d’activités du groupe de presse France-Antilles, éditeur des trois quotidiens de Martinique, Guadeloupe et Guyane. Ainsi disparaît France Antilles-Guyane, un journal créé en 1976 en Guyane, en 1964 en Martinique et en 1965 en Guadeloupe par Robert Hersant et faisant partie de son empire médiatique. Cet unique quotidien de la Guyane et des Antilles qui a eu comme lecteurs fidèles des générations entières n’a pas su résister aux pressions économiques que connaît aujourd’hui la profession.

Outre son aspect moral néfaste, cette liquidation a fait que plus de deux cents personnes qui participaient à sa création, production et distribution se sont retrouvées au chômage dans une région où l’emploi se fait rare. Mais le tort porté par cette liquidation ne s’arrête pas là. Cette fermeture ne signifie-t-elle pas aussi la fin d’une époque, d’un mode de vie, d’une façon de communiquer ?

La section UPF de Guyane, par la voix de son Président Frantz Montoban, a publié une déclaration poignante concernant cet événement. Son indignation a été partagée par plusieurs journalistes des différents pays du large réseau UPF. On ne peut que se réjouir de cette solidarité fraternelle dans les rangs de l’UPF, une solidarité qui dépasse les strictes frontières de l’Union.

L’UPF internationale avait déjà fait preuve, à plusieurs reprises, de cette solidarité, notamment en soutenant le combat pour la libération de Julian Assange ainsi que d’autres collègues de par le monde subissant des pressions dans le cadre d’exercice de leur métier, ou bien des médias entiers se retrouvant en difficulté. Un plaidoyer permanent pour la liberté d’expression  que l’UPF cultive dans le but de promouvoir le pluralisme et le libre exercice du métier du journaliste, vecteurs fondamentaux de la démocratie.   

Malheureusement, la disparition d’un média n’est pas un fait exceptionnel : la crise économique mondiale en a emporté d’autres, grands et petits, nationaux ou locaux. Souvenons-nous, l’année dernière seulement, des problèmes qu’ont connu en France les médias comme « Le Journal de l’île de la Réunion » placé en procédure de sauvegarde par un tribunal, ou bien le légendaire titre « l’Humanité » qui continue son combat de survie. Le même problème est d’actualité chez nos collègues francophones du Québec où six des dix quotidiens papier ont été mis en faillite l’année dernière suite aux difficultés subies par le Groupe Capitales Média (GCM) qui les portait, ainsi qu' au Liban et ailleurs…

Ainsi, la survie des médias, de surcroît des médias francophones, devient un défi dans un monde de plus en plus uniformisé et dépersonnalisé. Cette survie dépend de chacun d’entre nous, de la qualité de notre travail, de la détermination de nos efforts. La liberté d’expression, le pluralisme et le multiculturalisme – tout ce qui est cher à l’Union internationale de la Presse francophone et à la Francophonie en général  – en dépendent.

Ensemble, nous continuerons le combat!


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