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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 08:30
CANCER: Après la lune et l’atome, la prochaine conquête de l’Homme !
CANCER: Après la lune et l’atome, la prochaine conquête de l’Homme !

Après la lune et l’atome, la prochaine conquête de l’Homme !

Il faut remettre la « Guerre contre le cancer » dans son contexte. 

En 1971, l’homme (américain) marche sur la lune depuis deux ans. Les centrales nucléaires éclairent des villes entières grâce à l’exploitation d’une énergie inimaginable un demi-siècle plus tôt. Ce « progrès » a son côté obscur : il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher l’apocalypse nucléaire sur n’importe quel endroit du globe.

La suite de cette maîtrise des éléments par l’Homme semble à l’époque non seulement logique, mais rapidement atteignable :

« Les mêmes efforts conjugués qui ont permis à l’Homme de fissionner l’atome et de marcher sur la lune devraient être consacrés à la conquête de cette redoutable maladie » dit Nixon dans son fameux discours.

Il semble alors que tout, grâce à la science, soit possible… du moment qu’on y met les moyens.

Et Nixon les mettra : 1,5 milliard de dollars, ce qui à l’époque est considérable. Les budgets de la recherche américaine contre le cancer sont alors multipliés par dix ! 

Pourquoi la « guerre au cancer » était perdue d’avance

En 1981 le cancer n’avait pas été vaincu. Il ne l’est toujours pas. Il y a peu de chance qu’il le soit : faire la guerre au cancer n’était pas réaliste.

Pour au moins deux raisons.

La première, c’est qu’une guerre se déclare à un adversaire qui vient de l’extérieur.

Déclarer la guerre au choléra, à la grippe ou au sida, pourquoi pas : il s’agit de maladies contagieuses face auxquelles nous disposons de moyens pour empêcher leur progression.

On peut discuter de leur efficacité mais ces moyens existent : améliorer la qualité de l’eau, renforcer le système immunitaire, développer l’usage de protections comme le préservatif, etc.

Le cancer, lui, n’est PAS une agression extérieure.

Il peut être favorisé par des causes extérieures, l’environnement, les habitudes de vie… Mais c’est en nous qu’il naît, se développe, prospère. Et c’est en nous que le traitement se produit, détruisant au passage une partie de notre organisme (certains organes, notre peau, nos cheveux), quasiment autant, parfois, que les tumeurs elles-mêmes.

« Éradiquer » une force de la nature est illusoire

La seconde raison pour laquelle cette guerre est perdue d’avance, c’est… Don Quichotte.

Chercher à « vaincre » le cancer comme a souhaité le faire Richard Nixon, c’est aussi

illusoire que chercher à « vaincre » un moulin à vent.

Cela ne peut que se terminer mal pour le « héros » :

Pourquoi ? Parce que tout le courage de Don Quichotte, la solidité de sa lance et la bonne volonté de son cheval, Rossinante, ne peuvent rien contre le vent, qui est une force invincible de la nature.

Or le cancer est, qu’on le veuille ou non, une force invincible de la nature. Je veux dire qu’on ne peut pas la faire disparaître comme ça collectivement, à coup de bombardements chimiques ou de rayons.

Et elle n’a pas attendu l’arrivée de l’être humain pour se développer et causer souffrance et mort chez ses victimes : on a trouvé des traces de tumeurs cancéreuses avancées sur des fossiles de tortues et de dinosaures vieux de plusieurs millions d’années[2] !

À de rares exceptions près, comme le célèbre rat-taupe nu[3] ou l’éléphant[4], qui disposent de solides protections génétiques contre le cancer, toutes les espèces animales peuvent développer des cancers.

Le cancer fait partie de la vie. Il était là avant nous. Il nous survivra.

Un tout nouveau regard sur le cancer

Jusqu’ici le cancer était le domaine exclusif des médecins, des oncologues, des chimistes, etc.

Des chercheurs d’un nouveau type disent à cette vieille garde :

« Arrêtez de faire la guerre au cancer. Non seulement vous ne le vaincrez pas… mais vous le rendez plus puissant et meurtrier encore. »

Ces chercheurs, ce sont les biologistes de l’évolution.

Leur regard sur le cancer est à la fois simple et nouveau, comme l’exprime à merveille un livre récent[5] écrit par Frédéric Thomas, directeur de recherche au CNRS.

Voici ce qu’il dit en substance : 

  • Le développement d’un cancer est un risque inévitable pour tout être vivant complexe : ce risque est le prix à payer pour pouvoir grandir quand on est enfant, et pour pouvoir se reproduire (faire des enfants) quand on est adulte.
     
  • Le monde ne se divise pas entre ceux qui ont un cancer et ceux qui n’en ont pas, car nous sommes tous porteurs de cellules cancéreuses (c’est un fait scientifique). Mais ce sont nos choix, notre hygiène de vie, notre patrimoine génétique ainsi que aussi tout simplement la chance (surtout la malchance) qui les font dégénérer en tumeurs.
     
  • Les cellules cancéreuses sont des cellules du corps qui ont cessé de collaborer avec les autres. Elles ne sont plus au service de la survie de l’organisme (le corps humain) mais ne cherchent qu’à se développer pour elles-mêmes : elles vont donc détourner et exploiter les ressources à leur disposition pour leur propre compte, comme des parasites.
     

Notre corps est un milieu naturel convoité par des parasites

Pour cela, les cellules cancéreuses ont mis en place toutes sortes de stratégies :

  • elles « volent » de la nourriture aux autres cellules ;
     
  • elles sont capables de se rendre « invisibles » à nos défenses immunitaires ;
     
  • elles sont même capables de nous inciter à manger, nous, ce dont elles raffolent, elles (les aliments riches en sucre);
     
  • elles sont capables de migrer à l’intérieur de notre corps vers des organes plus « accueillants » et propices à leur survie et leur reproduction.
     

Elles ont un gros défaut par rapport aux cellules saines de notre corps : elles sont très gourmandes (c’est pourquoi le jeûne les « affame »).

Mais elles ont un avantage : elles mutent et peuvent se reproduire très vite.

L’effet pervers diabolique des traitements agressifs du cancer

L’approche qui prévaut face au cancer depuis des décennies est la démarche belliqueuse.

Les traitements classiques sont conçus comme des attaques militaires : leur but est d’éradiquer toutes les cellules cancéreuses. Mettre à mort l’ennemi. Pas de quartier.

Mais, disent les biologistes de l’évolution, c’est précisément parce que ces traitements sont très agressifs qu’ils permettent, à la fin, la récidive d’un cancer devenu « insensible » aux traitements.

Les cellules cancéreuses ne sont pas toutes identiques : il y en a des faibles, et d’autres plus fortes.

Plus un traitement est agressif, plus il va tuer des cellules cancéreuses en quantité

Mais plus il va aussi « sélectionner » les cellules cancéreuses les plus fortes, celles qui vont perdurer dans votre corps.

Après le passage de ces violentes radiations (dans le cas de la radiothérapie) ou de ce tsunami chimique (dans le cas de la chimio), oui, les cellules cancéreuses auront spectaculairement diminué en nombre

…mais les cellules cancéreuses qui resteront, même si elles sont en faible nombre, seront les cellules les plus fortes, les plus redoutables, les plus résistantes aux traitements « d’après ».

Et c’est là que le cauchemar commence, car ces cellules… ont désormais toute la place pour prospérer et se multiplier à leur aise !

Après un « traitement de choc », le cancer revient six mois, un an, dix ans plus tard… mais beaucoup plus fort et meurtrier. Les nouvelles cellules répondront moins aux traitements ultérieurs qui « sélectionneront » des cellules de plus en plus résistantes…

C’est un phénomène que vous pourriez comparer au jardinage ou à l’agriculture. Les  parasites sont dans un premier temps éradiqués par les traitements chimiques… avant de revenir plus résistants à ces mêmes traitements.

Il faut changer de stratégie face au cancer

« X reste combatif face au cancer ». « Y vaincu par son cancer ».

La « guerre contre le cancer » est passée dans le langage courant.

David Servan-Schreiber lui-même, touché par une récidive de son cancer, parlait de « bataille[6] ».

Face à un cancer, il faudrait comprendre qu’agir ne signifie pas forcément détruire.

Que faire une guerre totale au cancer peut mener à une course aux armements, à une escalade dont le cancer a au final le plus de chances de sortir gagnant.

Ce que nous disent ces biologistes de l’évolution, c’est : plutôt que de l’attaquer frontalement avec des traitements qui le rendent plus forts, il faut ruser avec le cancer.

L’objectif premier devrait donc être de limiter son développement.

Des chercheurs, aux États-Unis, ont cette année testé cette approche qui porte ses fruits, comme le révèle une étude publiée en juin 2019[7]. 

Leur stratégie a consisté à traiter le cancer « en douceur », par les moyens traditionnels, mais à « petites doses » avec trois objectifs principaux :

  • maintenir une population de cellules cancéreuses « faibles » ;
     
  • empêcher les cellules cancéreuses les plus fortes de prendre le dessus ;
     
  • parvenir à maîtriser la taille de la tumeur après l’avoir réduite.
     

Autrement dit, il s’agit de co-exister avec le cancer et d’essayer de le maîtriser.

De façon à le rendre le moins dangereux possible.

Cette approche est encore balbutiante en cancérologie, mais elle me paraît pragmatique et efficace.

Et elle nous rappelle, si besoin était, que la meilleure façon d’agir, avec le cancer, consiste avant tout à avoir une qualité de vie qui lui donne le moins de « prise » possible pour se développer en nous…

C’est à notre portée, et j’espère sincèrement que mes lettres sur ce sujet vous y aident un petit peu.

Portez-vous bien,

Rodolphe Bacquet

 

 

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