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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 06:35
Nice: EXPOSITION     Inventing Dance: In and Around Judson,  New York, 1959-1970

EXPOSITION

 

Inventing Dance: In and Around Judson,

New York, 1959-1970

12 octobre 2018 17 février 2019

 

Vernissage > Jeudi 11 octobre 2018 à 19 heures

 

En présence de Gérard Baudoux, Adjoint au Maire de Nice délégué aux Musées, à l’Art moderne et contemporain, au Développement du mécénat et financements culturels, représentant Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région SUD-Provence-Alpes-Côte d’Azur

 

Galerie contemporaine du MAMAC

Place Yves Klein – Nice

 

 

Item_58_StevePaxtonEnglish_Fales 72 dpiDu 12 octobre 2018 au 17 février 2019, la Ville de Nice vous invite à découvrir l’exposition Inventing Dance : In and Around Judson, New York, 1959-1970 à la Galerie contemporaine du MAMAC. Le vernissage se tiendra le jeudi 11 octobre 2018 à 19 heures.

 

Steve [Paxton] a inventé la marche et j’ai inventé la course.

— Yvonne Rainer

La Judson Memorial Church (Washington Square à New York), devient dans les années 1960 un centre de création d’expérimentation artistique de premier plan en accueillant les recherches, performances et installations de nombreux artistes de la scène new-yorkaise mêlant art, musique, poésie, théâtre et danse. Ainsi, en 1959, la Judson Gallery fût fondée, offrant des ateliers et des espaces pour les expositions, les happenings et les performances aux artistes comme Jim Dine, Allan Kaprow, Allison Knowles, Claes Oldenburg, Tom Wesselmann or encore Daniel Spoerri. En 1962, le pasteur protestant Al Carmines, propose le sanctuaire de l’église à un groupe de danseurs -Trisha Brown, Lucinda Childs, Ruth Emerson, Deborah Hay, Steve Paxton, Yvonne Rainer, Elaine Summers et bien d’autres- afin de présenter leur rendu d’atelier issu d’un cours de chorégraphie dispensé par le compositeur Robert Dunn. À partir de cette date le collectif, qui se fera appeler le Judson Dance Theater, va introduire de nouvelles méthodologies pour la composition et la pratique de la danse qui aujourd’hui encore sont reconnues la pierre angulaire de l’art minimal, de la pluridisciplinarité et de l’art de la performance.

 

Certains élèves du cours de Dunn, comme Simone Forti, utilisent les influences de la danseuse-chorégraphe Anna Halprin, qui dès 1954 anime à Kentfield, en Californie, anime un atelier en plein air sur son Dance Deck. Plutôt que de leur enseigner une technique particulière, elle privilégie l’improvisation et le développement de la perception des mouvements des différentes parties du corps au travers de simples « tâches » comme ramper ou s’asseoir. Elle leur apprend également à imiter la nature qui les entoure. Au cours de l’été 1960, Forti invite des artistes tels que Rainer et Robert Morris à suivre l’atelier d’Halprin où ils sont confrontés aux compositions et aux lectures de La Monte Young. Cependant, les acteurs principaux du Judson Dance Theater sont issus des classes de Dunn, qui sont dispensées dans le studio de Merce Cunningham, figure emblématique de la danse moderne. Il leur apprend alors les méthodes du hasard, de l’expérimentation fondé sur l’indétermination (selon John Cage) et la pratique de l’écriture, graphique ou textuelle, comme concept préalable à la chorégraphie.

 

         Le 6 juillet 1962, après deux années de cours, les danseurs du Judson présentent dans le sanctuaire de l’église le « Concert of Dance # 1», qui sera le premier d’une série de seize pendant les deux ans à venir. Rejoint par des compositeurs, cinéastes, plasticiens et poètes, le collectif rejette les codes de la danse moderne dictés par les œuvres de Cunningham et de Martha Graham. Ce laboratoire pluridisciplinaire, qu’ils avaient mis sur pied lors de leur « workshops » hebdomadaires, ouvre la voie à l’expérimentation fondée sur des questions telles que l’élimination du récit dans la danse, l’analyse de la relation des corps avec le temps, l’espace et le public, mais également la mise en valeur des gestes du quotidien. À la fin de l’année 1963, certains danseurs du Judson commencent à mettre en scène leurs propres concerts, développant des styles et des méthodes distincts du groupe.

 

Dès 1966 l’espace du Judson rouvre ses portes sous la direction de Jon Hendricks, artiste activiste et co-fondateur du Guerilla Art Action Group et s’affirme de nouveau comme le carrefour de l’expérimentation artistique et de la collaboration pluridisciplinaire. En 1968, il organise l’exposition 12 Evenings of Manipulations, que Jud Yalkut documente dans une vidéo expérimentale. Le film Judson Fragments (1964) d’Elaine Summers reprend les séquences des concerts du Judson Dance Theater, mixées au hasard avec d’autres images dont celles du chorégraphe James Waring donnant un cours. Hendricks continues d’inviter des artistes locaux et internationaux dont Bernar Venet  qui réalise une série de performances dont Relativity’s Track en 1968. Le point d’orgue de l’activisme culturel du site est l’exposition The People’s Flag Show (1970), organisée par Jon Hendricks, Faith Ringgold et Jean Toche, tous trois arrêtés pour « profanation du drapeau ». L’exposition devient un événement déterminant dans les campagnes des artistes pour la promotion de la liberté d’expression, à une époque où l’opposition à la guerre du Vietnam, à l’instar du militantisme antiraciste, anticolonial, féministe et pour la défense des homosexuels, ne cesse de monter.

 

Inventing Dance: In and Around Judson Church, New York 1959–1970 se penche abondamment sur les œuvres de figures les plus emblématiques du Judson Dance Theater mais elle met également en lumière les nombreuses autres personnalités ayant produit ou participé aux œuvres présentées dans l’église au cours de cette longue décennie. L’exposition propose donc une plongée dans ce « Judson » qui demeure, aujourd’hui encore, une source d’influence majeure pour des chorégraphes, danseurs et artistes. À travers documents, films et photographies d’archives, elle tente de rendre compte de l’histoire des corps en mouvements au Judson et de répondre à la question restée en suspens : comment présenter aujourd’hui un travail majoritairement basé sur l’improvisation ?

 

Allen Hughes, critique de danse au New York Times, a conclu son analyse du « Concert of Dance #1 » de la manière suivante : « Il est cependant probable que leurs expérimentations influencent d’une manière ou d’une autre le développement de la danse dans ce pays, et comme cette hypothèse est vraisemblable, ils valent la peine d’être observés. » Si l’on regarde soixante ans en arrière, l’on s’aperçoit que l’admiration mélangée à l’incompréhension mitigée qui transparaît dans la phrase de Hughes souligne la « nouveauté » radicale et la nature complexe de l’œuvre produite durant cette période, en plus de mettre en lumière l’influence considérable des expérimentations des danseurs. Après tout, si l’on en croit ce mot d’esprit répété à l’envi par Rainer, même la marche et la course ont été changées à tout jamais.

 

Commissariat : Olivier Bergesi et Andreas Petrossiants

 

Avec le soutien de : LOGO AMIS MAMAC copie

 

Légende du visuel: Al Giese, photo de English de Steve Paxton, danseuse Trisha Brown, 1963 © Mary Hottelet / Licensed by VAGA and Artists Rights Society (ARS), New York. Courtesy Fales Library, New York.

 

 

Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain

Place Yves Klein – Nice

04 97 13 42 01 – www.mamac-nice.org

Tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi

10h – 18h du 23 juin au 14 octobre 11h – 18h du 15 octobre au 22 juin

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