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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 15:49
RM MEDECINE « Lutter contre le vieillissement c'est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien, ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l'amour, ni au rêve ».

Par Dr. D. Rueff


Je peux vous confier, par expérience personnelle, que c’est parfaitement vrai. Un seul renoncement et on est foutu !

Un seul renoncement peut en entrainer beaucoup d’autres et c’est la glissade fatale !

Fin 2015, après la cessation de mon exercice libéral en Cabinet, j’ai cru que j’allais pouvoir continuer à vivre en bonne et joyeuse santé en renonçant au travail.

J’ai vite compris qu’aucune activité non contraignante ne pouvait le remplacer.

Certes l’écriture de ces « lettres » diffusées de façon magistrale grâce au professionnalisme numérique de l’équipe « Santé Nature Innovation » est à la fois un travail et un plaisir.

Et l’accueil que beaucoup d’entre vous me manifestent est un honneur.

Mais c’est un travail solitaire devant une page blanche !

Je reviens à ce que je voulais vous résumer : pourquoi et comment vieillissons-nous.

Le vieillissement est constitué d’un ensemble de phénomènes qui altèrent l’ensemble des cellules de notre organisme, par une diminution progressive des capacités d’adaptation, de transformation et de reproduction cellulaire.

Il commence dès la fin de la croissance et de notre maturation sexuelle.

Dès notre conception, nous sommes programmés génétiquement. Ce code est intégré dans notre mémoire cellulaire. Notre durée de vie dépend de nombreux facteurs internes et externes programmés ou aléatoires.

Nous pouvons toujours intervenir sur certains d’entre eux même à titre préventif ou tardivement : il n’est jamais trop tard pour améliorer sa nutrition, réfléchir à son mode de vie, pratiquer et souvent reprendre un exercice physique régulier, adapté à son âge, ses disponibilités et ses capacités. Mais aussi méditer, augmenter sa conscience de l’instant, changer sa vision du monde et cultiver, par principe, la pensée positive, même en cas de coup dur ou de maladie.

Depuis peu, les résultats de quelques études en neurosciences confirment [1] les effets de « la culture et de l’exportation de l’optimisme ».
 

Comment vieillissons-nous exactement ?

Les facteurs « programmés » de notre vieillissement sont ceux sur lesquels nous n’avons pas de prise. Raison de plus pour ne pas négliger ceux sur lesquels nous pouvons agir précocement et activement.

La programmation génétique est la somme, le mélange et l’entrecroisement des patrimoines de nos deux parents.

Déterminée à la naissance, elle va conditionner nos points forts, nos faiblesses, et constituer notre " terrain biologique inné ".

L’ADN ou acide désoxyribonucléique est le support matériel de notre code génétique présent dans le noyau de nos cellules. Les cellules se divisent et plus nous vieillissons, plus le risque d’erreur dans cette division est grand.

Nous savons, depuis assez peu de temps, que notre mode de vie, ce que nous respirons et consommons peut influencer ce risque.

Je suis absolument certain que nos modes de pensées, notre regard sur nous-même et les autres sur la vie et son partage peuvent faire de même.
 

 

L’influence des radicaux libres sur le vieillissement

Quand on aborde le sujet du stress oxydant, on pense immédiatement aux radicaux libres externes.

Indépendamment de toute influence externe ou environnementale, du fait de notre seul métabolisme, ces radicaux libres sont également produits à l’intérieur même de nos cellules et deviennent dangereux quand ils sont présents en excès. Dès le début de notre existence, ils s’attaquent aux membranes cellulaires, à l’ADN cellulaire, en accélérant le vieillissement.

Les radicaux libres internes sont issus de notre utilisation métabolique de l’oxygène et de l’azote. Ils constituent, néanmoins, de redoutables ennemis intérieurs tenus pour responsables d’un grand nombre de processus dégénératifs, accélérant le vieillissement de nos tissus. Le "stress oxydatif" contribue à l’installation et à l’entretien de maladies telles que Alzheimer et Parkinson, déficiences cognitives ou neurologiques, cataracte et arthrite…

Quant aux lésions de l’ADN cellulaire, elles sont responsables de certains cancers liés à l’âge. Notre corps est heureusement équipé de systèmes de défense et de pièges contre ces radicaux libres en excès.

Ce sont des enzymes (tels que superoxyde dismutase – SOD-, glutathion peroxydase -GPX- et catalase), ainsi que des métaux comme le fer, le zinc et le cuivre, cofacteurs essentiels.

Ces systèmes de défense ne peuvent, à eux seuls, éliminer tous les radicaux libres, surtout lorsqu’une mauvaise alimentation est à l’origine de déficiences nutritionnelles.

Une bonne alimentation, exempte d’excès ou de déficiences est considérée comme le meilleur garant d’un bon vieillissement.

Les radicaux libres d’origine externe

Il en est de même pour la consommation de tabac et la pollution de l’air, de l’eau et de l’alimentation. Certes, on constate des exceptions : tout le monde pense à Winston Churchill dont les artères n’étaient pas (sur le tard, il est vrai) en excellente santé. 

En fait, cela n’a rien d’étonnant et illustre notre absolue dépendance à nos programmations personnelles innées. Nous naissons avec des prédispositions, des dons, des failles et des capacités parfois exceptionnelles. Pensons aussi à Mozart !

Nous sommes dépendant d’une même loterie : ce code génétique, mélange de celui de nos parents mais il nous reste tout ce que nous pouvons faire de ce numéro que nous avons tirés !

C’est bien le sens de la relation indéfectible entre l’inné et l’acquis !

Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, ne cesse d’insister sur l’importance de faire régulièrement (environ une fois par an) un bilan biologique de stress oxydant. Pour lui, les dysfonctions de nos systèmes de régulations sont une composante essentielle des maladies chroniques parmi lesquelles le cancer, les maladies de Parkinson, d’Alzheimer, la sensibilité aux maladies inflammatoires et infectieuses.

Selon le Pr Montagnier toute notre physiologie et donc nos capacités à résister à la maladie, à bien ou mal vieillir, sont influencées par notre maîtrise du stress oxydant. La production hormonale, celle des enzymes et de l’ensemble de nos capacités immunitaires de défense en dépendent également.

Cette production de nos glandes endocrines diminue avec l’âge, chez l’homme comme chez la femme, et il en est de même avec le métabolisme de nos enzymes. Avec les années, l’élasticité de la peau, la diminution de la densité des seins, des os, et de la libido sont souvent perçus comme les premiers signes visibles. Les parois artérielles vieillissent également mais plus silencieusement.

Ce vieillissement entraîne une diminution de la vascularisation et donc de l’oxygénation de tous nos organes. La fatigabilité physique et psychologique se fait sentir dès l’âge de 40 ans. A l’exception de nos cellules musculaires et de nos neurones, toutes nos cellules se renouvellent plusieurs fois au cours de notre vie. Le vieillissement physique est certainement un des facteurs programmés sur lequel nous pouvons agir avec le plus d’efficacité afin de ralentir la perte de qualité de nos fonctions.

Des armées protectrices contre le vieillissement ?

Les attaques externes de radicaux libres sont prévisibles et évitables dans une certaine mesure. Les agressions cutanées et oculaires par les rayonnements solaires (ultraviolets) aidés du froid et du vent, la radioactivité, les pollutions par le chauffage domestique, les industries, les moteurs automobiles (particules fines), le tabac, l’alcool, les émanations chimiques des matériaux modernes de construction et les drogues dans nos placards de cuisine et de pharmacie… génèrent une surproduction de radicaux libres qui peuvent, aussi, s’attaquer à notre ADN, favorisant la dégénérescence cellulaire et la cancérisation, stade ultime du processus.
 

Nos rythmes et notre façon de vivre

Le déséquilibre entre les moments de veille et de repos, le manque de sommeil sont des facteurs d’épuisement nerveux et d’abaissement des défenses immunitaires. La durée moyenne du sommeil naturel doit être de 7h30 par jour, plus ou moins 1h selon les sujets.

Mais il n’est certes pas facile dans notre société occidentale de conserver la maîtrise de ces équilibres.

Entre le « burn-out » et la fuite à la campagne, le choix d’une vie équilibrée devient difficile.
 

Le stress chronique non maîtrisé

Les événements qui engendrent de grandes émotions (comme les pertes d’emploi, les deuils, les divorcent et les…. retraites) engendrent des déséquilibres qui peuvent conduire à un épuisement nerveux, hormonal, organique accompagné d’un affaiblissement des fonctions immunitaires de défense.
 

Les erreurs nutritionnelles chroniques et répétées

Avec le stress, elles forment le socle de toutes les maladies chroniques qui s’accompagnent d’inflammation (comme la dépression) ou de dégénérescence des fonctions cellulaires et tissulaires (comme l’athérosclérose).

D’une part, l’alimentation industrielle est souvent déficitaire en éléments essentiels nécessaires à notre bon fonctionnement enzymatique et hormonal tels que vitamine A, vitamine C, vitamine E, vitamines B (particulièrement B1, B6, B9 et B12), zinc et sélénium, fibres, et, d’autre part surchargée en graisses agressives pour nos artères comme les fameuses graisses hydrogénées, dites trans [2].

Les additifs chimiques (conservateurs, agents de texture, arômes, colorants….) et résidus de traitements des cultures (pesticides, herbicides, perturbateurs endocriniens…) intensifient le dysfonctionnement de nos organismes et l’accélération de son vieillissement ou des pathologies liées comme certains cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète non insulino-dépendant ou des maladies telles que la fibromyalgie, le Parkinson ou l’Alzheimer.

Il est facile de constater que certaines d’entre elles surviennent de plus en plus tôt, dans les conditions de la civilisation occidentale et de course à la survie et l’emploi telles que les connaissent les plus jeunes générations. C’est le cas, entre autres, du diabète non insulino-dépendant, des dépressions, des troubles cognitifs, de la fatigue chronique, etc… 

 

La mauvaise qualité de l’eau de boisson

En France et à l’exception de certaines régions (agriculture, élevage porcin) et pollutions accidentelles à la suite de troubles climatiques, l’eau du robinet est considérée comme « potable ». Cette eau est-elle optimale, nourrissante au plan minéral, ou exempte de pollution ?

C’est un grand débat qui déchaîne des passions et n’a pas sa place à la fin de cette lettre. Certains spécialistes savent bien que les stations d’épuration sont souvent dépassées. Elles entraînent accidentellement la mort de milliers de poissons en aval. Même la Suisse n’est pas épargnée [3].

La consommation trop régulière de certaines eaux en bouteilles, dites minérales, peut entraîner une dégradation de notre milieu cellulaire par surcharge minérale.

Outre ce problème, il faudrait être plus attentif à la qualité des emballages et vérifier que ces derniers ne facilitent pas la présence dans ces eaux de polluants comme les phtalates (perturbateurs endocriniens). Il faut également se soucier du recyclage de ces bouteilles.

Peu de gens savent que certains symboles gravés sur les bouteilles d’eau peuvent nous aider à les choisir. [4] J’ai toujours, selon les conclusions des travaux de Louis Claude Vincent [5] conseillé de boire des eaux peu minéralisées d’une résistivité supérieure à 2 000 ohms souvent issues de sources de montagne et à défaut des systèmes de filtration permettant de s’approcher de ces paramètres.

On ne vit pas plus de trois jours sans boire. Notre corps, en moyenne, est composé aux deux tiers d’eau dont l’élimination est permanente par la respiration et la peau. La déshydratation a des effets désastreux sur notre santé accélérant le vieillissement tissulaire. On est donc en droit de considérer l’eau, une bonne eau (à défaut d’être parfaite) comme le premier des médicaments anti vieillissement.
 

Les accidents et traumatismes peuvent accélérer le vieillissement.

Les traumatismes constituent une cause souvent méconnue du vieillissement physique par les multiples conséquences anatomiques qui en résultent dont l’arthrose constitue l’exemple le plus courant. Ces « pseudarthroses post traumatiques » sont à l’origine de douleurs chroniques. Mon genou gauche qui a explosé il y a une dizaine d’années à la suite d’un accident de ski le sait bien. Mais la prédiction du chirurgien (je vous mettrai une prothèse d’ici dix ans) ne s’est pas encore réalisée.
 

Les infections chroniques ou récurrents à bactéries, virus, champignons et parasites

Tout le monde a entendu parler du virus de la mononucléose infectieuse, l’Ebstein Barr Virus (EBV), infection bénigne souvent contractée à la suite de l’un des premiers et doux baiser de l’adolescence qui peut devenir chronique et ainsi constituer un des grands acteurs de la fatigue.

Les candidoses et parasitoses intestinales sont également de grandes causes de douleurs abdominales, de colites et de fatigues. A ce titre elles doivent être recherchées par des examens de selles en laboratoire que l’on nomme coprocultures.

Quant aux infections bactériennes que les médecins recherchent par de multiples examens de laboratoires parfois complexes et souvent infructueux, elles sont, pour le Professeur Montagnier (qui les dépiste avec des moyens biophysiques, les CEM [6]), pas encore vraiment reconnus par ce que l’on nomme la communauté scientifique. Elles sont pour lui et pour un grand nombre de confrères une grande cause de pathologie chronique et de vieillissement accéléré.

Maîtriser l’apparition et la vitesse du vieillissement reste donc un grand « challenge » avec lequel nous n’avons pas terminé.

Surveillez bien votre boîte aux lettres,

Docteur Dominique Rueff

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