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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:33

 

Par Silvia Valensi - performART

Jeudi, 26 Mai 2011 10:28

 

 

 

 

Jeudi, 26 Mai 2011 10:28

Le 22 octobre 2007, à l’hôtel Bristol à Paris, SAR la Princesse Caroline de Hanovre annonçait la nomination du maestro Yakov Kreisberg à la direction artistique et musicale de l’orchestre de Monte-Carlo. Pilier du monde musical, cet orchestre fut toujour dirigé par les plus grands chefs : Toscanini, Strauss, Walter, Beecham, Bernstein, Munch, Stokowki, Melta, Solti, Giulini, Mazel, etc. et par des directeurs musicaux tels que Lawrence Forster, Marek Janowki ou James Depreist. Il a donc toujours été au plus haut niveau et a déclenché la ferveur du public, grâce à un remarquable travail de cohésion et par une volonté d'élargir à chaque fois le répertoire.

Il bénéficie de l'excellente acoustique de l'Auditorium Rainier III, du Grimaldi Forum et de l'Opéra de Monte-Carlo. Comptant cent musiciens, il réalise de nombreux enregistrements et est régulièrement l'invité des plus grands festivals.

Né en 1954 à St Petersbourg, Yakov Kreisberg a eu pour maître Ilya. A. Musin. Il émigre en 1976 aux Etats Unis.Très vite, il sera attaché de direction auprès de Léonard Berstein, Ozawa, Leinsdorf et Tilson-Thomas. En 1986, il reçoit à New York, le premier prix du concours de direction Leopold Stokowski. Il dirige ensuite les plus grands orchestres d’Europe (Leipzig, Berlin, Cologne, Munich, Londres…), d’Amérique du Nord (symphoniques : Boston, Chicago, San Francisco, Cincinnati ; philarmoniques : Los Angeles, New York) et d’Asie (NHK Japon). Il devient ensuite directeur général de musique au Komistre Oper de Berlin et directeur artistique et musical de l’orchestre symphonique de Bournemouth. Actuellement, il est directeur musical et artistique de l’orchestre philarmonique et de l’orchestre de chambre des Pays-Bas. Enfin, il est chef Principal d’Honneur de l’orchestre philarmonique de Vienne. Il sera bientôt l’invité des orchestres de Paris, Londres, Washington, St Louis et partira en tournée en Allemagne, Espagne avec l’orchestre philarmonique des Pays-Bas. Premier directeur musical à acquérir le titre de résident-artiste pour la saison 2008-2009 à l’Alte Oper de Francfort, il présentera à ce titre plusieurs concerts de musique de chambres, en complément des concerts symphoniques. Ila enregistré récemment sous les labels : Pentagone Classic, Decca et Oehmes Classic pour les 5ème et 9ème symphonies de Shostakovitch et les 8ème et 9ème de Dvorak.

Relation du chef d’orchestre et du compositeur :

Silvia Velensi : Un chef d’orchestre doit avoir assimilé totalement la pensée, les intentions du compositeur pour transmettre le message musical : il demeure son interprète priviligié. Pouvez-vous nous en parler, vous l’interprète mémorable de la symphonie N°1 de Gustav Malher ?

Yakov Kreisberg : Vouloir transmettre le message d’un compositeur est une lourde responsabilité. Déjà, faut-il interpréter ce message. Le compositeur ne fournit que des points noirs couchés sur le papier avec seulement un petit nombre d’instructions. Gustav Malher, en tant que chef d’orchestre et compositeur, avait saisi la frustation de l’interprète. Il inscrivait à l’intention de ses musiciens toutes les indications possibles et imaginables, sur la manière de jouer (nuances, phrasés, articulations, des mots pour décrire le caractère de la musique, explications techniques…). Mais même lui avait dû reconnaître la futilité de sa démarche, car il répétait à ses musiciens que tout figurait dans leurs partitions « sauf l’essentiel ».

L’interprétation :

S.V. : Les grands chefs ont toujours marqué les œuvres de leurs empreintes en leurs conférant une nouvelle dimension. Pour aborder cet essentiel, Herbert Von Karajan, parlait « d’alliage d’esprit » plus que de « l’esprit de l’œuvre ». Comment vous appropriez-vous l’esprit de l’œuvre, « son essentiel » ?

Y.K. : L’esprit d’une œuvre, entendue comme la rhétorique du langage musical, doit être établie par son interprète sur sa propre étude de la composition et des autres œuvres du même compositeur. Parfois, les sources de l’inspiration du compositeur ou des événements de sa vie permettent d’avoir une meilleur approche de l’œuvre, d’avoir une lecture affective. Tout bon musicien aura donc sa conception personnelle d’une composition. L’œuvre ne vit que dans les mains de son interprète.

La pensée de Stravinsky (ballet de Monte-Carlo) et de Goethe sur l’architecture de la musique :

S.V. : Pensez-vous, comme le dit Stravinsky dans son livre « les chroniques de ma vie » que pour produire un résultat prodigieux, il faille être soi- même compositeur ? « Le phénomène de la musique nous est donné à la seule fin d’instituer un ordre des choses, surtout un ordre entre l’homme et le temps qui, pour être réalisé, exige une construction. Une fois faîte, tout est dit, cela produit en nous une émotion spéciale, comme une contemplation des formes architecturales ».

Y.K. : Effectivement, connaître le passage (Walter Benjamin) de la construction d'une œuvre est capital. Très jeune, je me suis essayé à la composition ce qui s'est révélé un préalable nécessaire pour savoir comment d’autres compositeurs avaient construit leurs œuvres, pour analyser leurs processus de création.

Exigences de l’exécution :

S.V. : Après la construction de l’œuvre, son exècution va nous porter vers cette « émotion spéciale », cette « impression de surnaturel ». Le grand Bruno Walter parlait même de « transmission de force morale ».

Y.K. : Oui, mes exigences et espoirs se portent vers elle. Beethoven disait que la musique devait embraser l’âme d’un homme. Elle a le pouvoir d’atteindre l’âme et de bouleverser nos émotions. J’ai la conscience très nette que l’émotion est précieuse, car sans elle que deviendrait l’humanité ? Or, de nos jours, notre sens de la Tragédie et du Désespoir est banalisé. La musique classique a un rôle important à jouer parce qu’elle nous pénètre d’une grandeur qui agit comme une force morale, mais aussi comme force spirituelle et éducatrice. Elle exprime des émotions qui illuminent le cœur et l’esprit des auditeurs en même temps par la seule clarté de l’interprétation.

Pédagogie :

S.V.: La direction d’orchestre reste « le métier sacré » de Paul Valery, qui évoquait le « le culte de la grandiose musique ». En un siècle, elle s’est universalisée et orientée vers la pédagogie. Comment vous impliquez-vous dans la transmission de la connaissance musicale ?

Y.K. : La musique est un don fait à l’humanité. Chacun devrait pouvoir en partager les avantages et s’en enrichir. A Monaco, je souhaite donner un caractère social à notre engagement éducatif, avec une ouverture aux enfants handicapées, physiques et mentaux. Je voudrai aussi trouver le moyen de faire parvenir la musique à ceux qui ne peuvent se déplacer jusqu’à nous. La musique possède des bienfaits dont tout le monde devrait pouvoir disposer.

(NDLR : Y.K. est à la tête de l’association music in me destinée à aider au Moyen-Orient toutes les personnes privées de musique par le guerre ou la pauvreté).

Les techniques de chefs, le Maître à Penser : Léonard Bernstein.:

S.V. : L'un de vos maître, Leonard Bernstein, fut à l’origine de la redécouverte de Malher, (« le déferlement Malhérien de 1984). Etait-ce le compositeur qui vous rapprochait (on connaît votre extraordinaire interprétation de la symphonie n°1 de Malher) ou bien son rapport amoureux à la musique, grâce auquel il obtiennait un engagement total de la part de ses musiciens ?

Y.K. : Il fut pour moi, une grande source d’inspiration. Non seulement, il fut un grand chef, pianiste et compositeur hors pair, mais il avait auprès des jeunes et des moins jeunes, quelles que soient leurs connaissances, une dimension d’éducateur qui forçait l’admiration. Il possédait le génie capable de transmettre aux musiciens comme au public, le message de la musique, sa grande passion. L’avoir vu diriger, parler, m’a incontestablement aidé à exprimer plus librement ma propre passion pour la musique.


 

Souvenir de Bernstein au chevet de Nadia Boulanger mourante :

- LB : « Entendez-vous la musique dans votre tête ? »

- NB : « Tout le temps »

- LB : « laquelle ? Monteverdi, Bach, Mozart ? »...

- NB : « Une musique sans commencement ni fin ».

La source de documentation livre de Robert Pariente la symphonie des chefs édition de la Martinière

Citation " Berlioz: l'art de diriger est un vraie science pédagogique établie sur des principes de base de direction définitifs c'est à dire avec rigueur, fougu contrôlée et précision"


 

Interview de Maître Yakov Kreizberg par Silvia Valensi  (c) PERFORMART

 

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Published by ROYAL MONACO - dans MUSICA ARTE & CULTURA
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