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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:12

FONDATION / IMPERATRICE COURAGE

 

Elle a cette dignité qui donne l’impression que les Dieux la regardent sans cesse du haut de l’Olympe. La vie de l'Impératrice Farah Palhavi est si exceptionnelle et si cruelle en même temps. Restée fidèle à la symbolique de son titre, elle assume avec courage son Destin. En mémoire de son fils, elle crée la Fondation Prince Ali Reza pour transmettre le Patrimoine historique et culturel de l’Iran, qui n’avait jamais cessé d’être au cœur de la pensée du Prince Ali Reza.

Elle souhaite aussi affirmer la scène artistique iranienne au plan international. Ses engagements passés en faveur de l’art de la culture l’ont conduite à créer le premier musée d'art contemporain dédié aux artistes qu’elle aimait et qu’elle aime toujours… Ancrée dans le présent, elle se préoccupe de la régression de la condition de la femme iranienne et de l’avenir politique de son pays pour lequel elle  «garde espoir malgré tout»

portrait de Bruno Bebert

portrait de Bruno Bebert

SILVIA VALENSI : Pouvez vous nous dresser le portrait de votre fils le Prince Ali Reza en mémoire de qui vous avez fondée cette Fondation ?

Sa Majesté FARAH PAHLAVI : Le Prince Ali Reza était un intellectuel doté du sens de l’humour qui a toujours caractérisé mes enfants. Très jeune, il s’était forgé une identité nationale et culturelle très forte. Dès 13 ans, ce jeune garçon bouleversant de sérieux et de patriotisme emportait avec lui, lors de notre départ, le drapeau iranien.

Il a fait ses études universitaires à Princeton et à Columbia pour étudier la musique (traditionnelle et classique), les langues puis à l’Université d' Harvard pour un doctorat sur l’histoire préislamique qu’il était en train de finir. Il s'était passionné par l’histoire de Cyrus le Grand, premier roi de l’ancienne Perse qui fonda un empire cohérent par ses conquêtes, sa diplomatie et sa tolérance en matière religieuse et politique. Il libéra les esclaves de Babylone en 539 avant J-C et, lorsqu’il établit l’égalité raciale, il déclara que chacun avait le droit de choisir sa religion. Ces décrets et bien d’autres furent enregistrés sur un cylindre d’argile** rédigé en akkadien et en caractères cunéiformes. Jefferson s’en était d’ailleurs inspiré pour écrire la Constitution des Etats-Unis d’Amérique. Aujourd’hui, l’authentique cylindre qui se trouve au British Muséum de Londres, avait été exposé en Iran, lors des célébrations des 2.500 ans de l’Empire Perse. Nous savons qu’il en existe des copies en Iran et qu’une autre se trouve aux Nations Unies.

Le Prince Ali Reza s’était complètement investi dans ses recherches car il était profondément attaché à son pays. En travaillant sur la mémoire historique de l’Iran, il essayait de vivre pleinement son identité d’Iranien ou comme le disait si joliment le Président Léopold Sédar Senghor, son irannité .C'est d’ailleurs le cas pour les iraniens vivant aujourd’hui en exil et d’autant plus pour nos compatriotes vivants en Iran.

**Ce document antique est considéré comme la première Déclaration des droits de l’Homme dans le monde. Traduit dans les six langues officielles de l’ONU, ses clauses sont analogues aux quatre premiers articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

*Sa biographie : Le Prince Alireza Pahlavi est né à Téhéran, Iran le 28 avril 1966. De 1970 à 1974, il est élève de l’école primaire au lycée Razi et de 1974 à 1979 à l’école Reza Pahlavi.

Puis à New York, de 1979 à 1980, il est élève de l’école secondaire à l’école Saint-David.

Au Caire en Egypte, de 1980 à 1981, il est élève de l’école secondaire, au collège américain.

Au Etats-Unis, de 1981 à 1984 Il étudie ensuite, à Williamstown dans le Massachusetts, au Mt. Greylock Regional High School.

En 1988, Il reçoit sa licence (Musique/Ethnomusicologie) à l’Université Princeton et sa maîtrise (étude de l’Iran Ancien) de l’Université Columbia en 1992. Il poursuivait ses études de doctorat à l’Université Harvard, sur l’Iran préislamique. Le Prince Ali Reza était un pilote ayant volé en solo à l’âge de 12 ans. Il aimait beaucoup lire et était très intéressé par la plongée sous-marine et le parachutisme. Il est décédé le 4 janvier 2011 à l’âge de 44 ans à Boston dans le Massachussets.

Photo Prince Ali Reza Collection famille imperiale

Photo Prince Ali Reza Collection famille imperiale

S.V.-Comment est née la Fondation Prince Ali Reza ?

En mémoire de mon fils, pour donner du sens à son œuvre et pour la pérenniser, j’ai créé la Fondation Prince Ali Reza, destinée à transmettre la culture iranienne à laquelle il s’était entièrement consacré. Le Prince Karim Aga Khan avait, dans le passé, eu l’idée de créer ce type de Fondation dédiée aux sources de notre histoire. Sous l’égide de la Fondation, nous avons créé une chaire à Harvard pour l’étude de la culture ancienne iranienne. Il nous faut, à présent recueillir le montant nécessaire pour que cette Bourse* puisse être établie à l’Université de Harvard et puisse financer les études des jeunes iraniens. Toutes formes de mécénat ou de partenariat pour nous aider à mener à bien ce projet, sont les bienvenus. Je suis vraiment heureuse d’avoir été soutenue par beaucoup de nos compatriotes. J’ai peint moi-même quelques tableaux et imprimé des lithographies représentants des couchers de soleil, qui ont été mis en vente au profit de la Fondation. J’ai repris un thème cher au Prince Reza, qui, depuis 1986, a photographié des couchers de soleil partout où il se trouvait, en Amérique, en Suisse, au Maroc…

Grâce la Fondation, des jeunes iraniens pourront étudier à l’Université de Harvard, la grandeur culturelle de l’Iran et seront réunis sous le principe même d’une conscience du notre Patrimoine historique, détachés des prismes politiques présents. Même au-delà des disparités d’idées, la culture reste la valeur commune dans l’identité nationale, elle nous lie à tous. Nous devons toujours penser à l’Iran, à la gloire de sa civilisation historique et culturelle.

*L’objectif de la Fondation est de réunir $1,000,000, montant requis pour doter une bourse à Harvard. $ 600,000 ont déjà été versé à l’Université de Harvard qui a commencé les attributions de bourses aux étudiants. La Fondation est organisée et constituée en vert de l’Internal Revenue Service Code 501 (c)(3) est un organisme de bienfaisance enregistré.

S.V.- art iranien est-il suffisamment représenté aujourd’hui dans le monde ? L’art n’est-il pas devenu un postulat de la politique ?

En premier lieu, je suis fière chaque fois qu’un artiste iranien accède à la notoriété et j’ai toujours souhaité que l’art contemporain iranien ait une dimension internationale. On assiste au renforcement de la présence d’artistes iraniens à travers différentes expositions institutionnelles ou privées dans le monde. J’ai d’ailleurs souvent l’occasion de les rencontrer à Paris ou à New York. De plus en plus, les jeunes artistes iraniens expriment leurs interrogations à travers le cinéma, la peinture, la sculpture ou la poésie. Malgré l’oppression et la censure qu’ils peuvent subir en Iran, le régime n’a pas réussi à étouffer les œuvres qui portent un message politique et dans lesquelles transparaissent la critique et l’affirmation d’une nouvelle opinion de la société iranienne. Je pense que l’art est devenu le relais de la liberté de pensée pour beaucoup de ces créateurs. Leur combat est vraiment emblématique, la création iranienne s’émancipe de plus en plus. Certains n’ont pas le droit d’exposer dans des galeries et ne peuvent le faire que chez eux. Mais cela ne les empêche pas de continuer. La culture compte énormément pour le peuple iranien courageux et travailleur.

S.V- culture a toujours tenu une grande place dans votre vie. Vous aviez fondé entre autres, le premier Musée d’Art Contemporain à Téhéran. Quel souvenir en gardez vous ?

Quand le roi m’a demandé en mariage, il m’avait dit « Vous aurez de grandes responsabilités »mais jamais je n’aurai imaginé le niveau élevé et l’étendu de celles-ci. Je me suis donc engagée très vite, hors gouvernement, vers des actions sociales et culturelles avec l’aide et les conseils avisés d’iraniens. J’avais une immense admiration pour notre passé culturel et nous avons pu créer ainsi beaucoup de musées représentants les arts traditionnels comme le musée de Negarestan(1), le musée Abguineh(2), le musée Reza Abassi(3),le musée des Bronzes de Luristan(4), le musée du Tapis(6).D’autres musées devaient être créés pour valoriser les œuvres de nos régions comme celui pour l’artisanat iranien qui devait voir le jour dans une citadelle de Shiraz. Mais la prédominance des arts traditionnels au niveau institutionnel ne correspondait plus à notre nouvelle réalité culturelle. A cette époque, le pays s’ouvrait à la modernité et des galeries d’art s’ouvraient à Téhéran. J’avais le désir de soutenir les œuvres contemporaines de nos artistes iraniens qui souffraient d’un manque de visibilité. Leur reconnaissance institutionnelle s’avérait nécessaire. Notre politique culturelle devait suivre la voie du progrès. Je désirai donc un espace muséal qui montrerait l’identité culturelle de l’Iran du présent et du futur, cela à travers une mosaïque d’expressions artistiques diverses.

C’est ainsi qu’en 1977, nous avons inauguré le premier Musée d’Art Contemporain(7) à Téhéran, situé dans le parc de Téhéran. A l’origine le gouvernement avait décidé de construire des immeubles dans ce parc mais j’avais demandé au Roi de préserver ce lieu merveilleux pour le destiner au Musée.

Un autre projet de musée d’art contemporain était prévu à Shiraz dont le plan et la maquette avait déjà été réalisé par le grand architecte finlandais Alvaar Alto.

(1) - Le musée de Négarestan pour l’art Qatjar était dans un palais ancien dont la décoration intérieure était réalisé par feu le Professeur Tchec Yaroslave Fric et dirigé par Mm Layla Soudavar Diba.

(2) - Le musée Abguineh pour les verres et les céramiques préislamique et islamique était au cœur d’un bâtiment ancien de la période Qadjar dont la décoration intérieure avait été réalisé par le grand architectecte Hanz Hollein et qui était dirigé par feu Mme Nasrin Schlaminger.L’inauguration du musée, dut être reporté de ce musée en raison des événements de 1979 .

(3) - Le musée Reza Abassi consacré à l’art préislamique et islamique fut construit dans un bâtiment moderne dont la directrice fût feu Mme Mina Sadogh.

(4) - Le musée des Bronzes de Luristan, se trouvait dans une citadelle à Khoram Abad.

(5) - Le musée du Tapis construit par l’architecte iranien Mr Aziz Farman Farmaian dont Mme Naze Khozeimeh Alam était la directrice.

(7) - Conçu par Kamran Diba dont il était aussi le directeur,, le Musée de 5000 m2 s’impose comme un exemple architectural unique et exemplaire : ses symboles rappellent l’architecture iranienne traditionnelle et ses formes se projettent dans une modernité saisissante. Son jardin dispose de 7000 m2 connu sous le nom le jardin des sculptures, dans lequel on trouve des sculptures d’artistes iraniens et étrangers.

Portrait de Bruno Bebert

Portrait de Bruno Bebert

S.V.-Comment aviez-vous procédé aux choix des œuvres ?

La Collection du Musée devait être la représentation de toutes les formes d’Arts de l’Iran de l’art moderne et contemporain, avec des artistes* peintres et sculpteurs des années 1960 et 1970 les plus importants comme par exemple : Bahman Mohasses, Parviz Tanavoli, Hossein Zenderoudi, Iran Darroudi, Leyly Matin Daftari, Sohrab Sepehri, Vaziri, Gholam Hossein Nami, Ghassem Hajizadeh, Pilaram, Monir Farman Farmaian, etc..

Nous avons acheté beaucoup d’art iranien mais dans le même temps, nous voulions que le Musée puisse se mesurer à un niveau international. Pour cela, il nous fallait introduire des œuvres étrangères représentatives des différents mouvements artistiques qui définissent l’histoire de l’art moderne : l’impressionnisme, le cubisme, le surréalisme, l’abstraction lyrique, informelle, etc. Avec l’aide du directeur du Musée et de conseillers américains, nous avons donc orienté les achats en ce sens, puis incorporé à la collection des œuvres contemporaines européenne et américaine des années 50, 60, 70.

Cette sélection s’est faite plusieurs années avant l’inauguration du Musée constituant petit à petit la collection du Musée, chaque œuvre magistrale répondant esthétiquement à l’autre, dans un dialogue permanent.

Aujourd’hui, elle constitue une des plus belles et importantes collections au monde***.

* sont également cités les artistes iraniens Nasser Assar,Ghandriz, Kalantari, Mahjoubi,Tabrizi, Jazeh Tabatabai, Karim Rohani, Arabshah

*** Les noms d’artistes de cette collection donneraient le vertige à n’importe quel musée dans le monde : Henri Moore, Dubuffet, Kandinsky, Pollock, Claude Monet, Camille Pissarro, van Gogh, James Ensor, Edouard Vuillard, André Dunoyer de Segonzac, Jules Pascin, André Derain, Louis Valtat, Georges Rouault, Fernand Léger, Pablo Picasso, Alberto Giacometti, Francis Bacon, Max Ernst, René Magritte, George Grosz, Diego Rivera, Jasper Johns, Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Jim Dine, Peter Phillips, James Rosenquist, Fritz Winter, Joan Miró, William Turnbull, Victor Vasarely, Adolph Gottlieb, Richard Hamilton, Georges Braque, Jean-Paul Riopelle, Edvard Munch, Pierre Soulages, Edgar Degas, Mary Cassatt, Maurice Prendergast, František Kupka, Max Beckmann, James Whistler, Edward Hopper, Giorgio Morandi, Giacomo Balla, Armando Pomodoro, Calder et Marcel Duchamp…

S..V.-Avez-vous pensé au devenir de ces œuvres après votre départ ?

La collection a été remarquablement protégée par Monsieur Mehdi Kowsar, doyen de la Faculté des Beaux Arts de l’Université de Téhéran, qui avait remplacé Monsieur Diba ainsi que par l’ensemble du personnel du Musée. J’étais évidemment très inquiète sur le sort de la collection d’autant plus que j’avais vu à la télévision française, mon portrait réalisé par Andy Warhol, lacéré. J’ai su aussi, à mon grand regret qu’un tableau de De Kooning avait été échangé de manière financièrement désavantageuse contre un ancien Shahnameh* qui aurait très bien pu être payé par la République Islamique afin de conserver le De Kooning. Mais je suis très heureuse qu’une partie de la collection ait pu être exposée au public, il y a quelques années. Beaucoup de jeunes iraniens m’écrivirent par la suite pour m’exprimer leur joie et leur fierté d’avoir une telle collection en Iran.

* La vente du dit Shanameh :le propriétaire du Shanameh avait légué au Métropolitan Museum of New York quelques unes des enluminures ,en avait mis d’autres en vente et échangé le restant d’une valeur de 6 millions contre le De Kooning. Le De Kooning fut racheté plus tard pour 20 millions de dollars par David Geffen et revendu par celui-ci à plus 110 millions quelques années plus tard…

l'imperatrice Farah Palhavi avec Silvia Valensi,à l'hotel de Paris a Monaco

l'imperatrice Farah Palhavi avec Silvia Valensi,à l'hotel de Paris a Monaco

S.V.-Vous étiez en contact avec les artistes, vous les aviez rencontrés ?

J’ai toujours entretenu avec les artistes, un rapport privilégié. Je l’ai toujours aujourd’hui. Je me souviens entre autre de César qui m’avait créé une compression en forme de pendentif qu'il avait réalisé avec tous les petits objets en or que je lui avais donné.Cet objet m'est d'autant plus précieux car à ma demande,il y avait placé à l'intérieur un peu de terre d'Iran. Je l'ai toujours aujourd’hui. J’ai eu également la chance de rencontrer des immenses artistes tel que Dali, Marc Chagall, Henri Moore, Andy Warhol,Soulage, Mathieux ,Jenkins, ou le sculpteur Arnaldo Pomodoro* etc.

Nous avions fait venir en Iran, des centaines d’artistes des quatre coins du monde, que ce soit dans la musique, la danse ou le théâtre. Beaucoup étaient nos invités comme Rubinstein, Yehudin Menuhin, Bob Wilson, Peter Brook,.etc..

Les événements et manifestations artistiques comme Shiraz ou Persépolis étaient extraordinaire car nous avions réussi le mariage de la culture traditionnelle avec celle d’avant-garde de notre pays mais avec celles du monde entier. Nous avions par exemple tout aussi bien, le théâtre traditionnel japonais No que le dramaturge japonais Shuji Terayama* pour ces œuvres expérimentales.

Nous voulions que le monde entier connaisse la culture iranienne et que les Iraniens puissent bénéficier d’autres cultures. Dans le cadre de ces échanges, le Centre pour le Dialogue des Civilisations avait d’ailleurs été crée. Je ne veux pas qu’on oublie que l’Iran a beaucoup donné et appris au monde entier Que l’Iran est pays d’une grande civilisation, d’une grande culture.

* Shuji Terayama connu comme poète et dramaturge au Japon, dont les œuvres expérimentales sont d’influences théâtrales multiples( Artaud Brecht, Fellini , Lautréamont,)est connu pour son cinéma en Europe.

** Arnaldo Pomodoro avait réalisé les colonnes de bronze du Musée d’art Contemporain ,qui furent ensuite rachetées après la Révolution par Pepsi


 

Propos recueillis  par Silvia Valensi - Performarts copyright


 

PS / L'impératrice d’Iran Farah Pahlavi est à l'origine d’ une vente aux enchères qui s'est tenue à Monaco en avril 2013, organisée par Christie’s au profit de la Fondation Ali Reza Pahlavi…

Farah Pahlavi, née Diba le 14 octobre 1938 à Téhéran, a été la troisième et dernière épouse de Mohammad Reza Pahlavi, chah d'Iran, de 1959 à 1980. D'abord reine, elle est faite impératrice en 1967, titre qu'elle va porter officiellement jusqu'au renversement de la monarchie en 1979.

Interview de Silvia Valensi à l'Impératrice Farah Palhavi

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