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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:32
INTERVIEW A' ANNE MAUGUE, FLÛTE SOLO DE L'ORCHESTRE PHILARMONIQUE DE MONTE-CARLO
INTERVIEW A' ANNE MAUGUE, FLÛTE SOLO DE L'ORCHESTRE PHILARMONIQUE DE MONTE-CARLO

Luigi MATTERA- Faites-moi une brève présentation de vous. Lieu de naissance, famille, école....
 

Anne MAUGUE- Je suis née en Auvergne dans une famille traditionnelle de 3 enfants dont j’étais l’aînée, de parents juristes. Ma mère jouait du piano (1er prix du Conservatoire de La Roche sur Yon) à ses heures perdues et j’aimais l’écouter jouer Chopin, Schumann, JS Bach. Dès mon plus jeune âge, j’ai demandé à jouer de la flûte. A l’âge de 7 ans je suis entrée au Conservatoire pour y étudier la formation musicale puis la flûte à 9 ans. En 1981, j’avais 14 ans lorsque mon père est décédé brutalement dans un accident de voiture. Je ne me suis jamais véritablement remise de ce drame. La musique déjà très présente dans ma vie est alors devenue essentielle. Mes parents ne concevaient pas que je puisse interrompre mes études générales avant l’âge de 18 ans, j’ai donc passé mon baccalauréat spécialité mathématiques/sciences physiques, puis poursuivi à l’Université de Caen en Sciences Economiques. C’est ce qui m’a permis de reprendre des études universitaires récemment à l’Université de Nice Sophia Antipolis, en sciences du sport (Master 1 en juin 2016), afin d’approfondir la préparation physique et la prévention de la santé du musicien d’orchestre professionnel.


LM-Lorsque vous avez entendu dans votre fort intérieur que la musique prendrait beaucoup de vous-même. Quelles écoles ont perfectionné votre musicalité ?

AM-Pour autant que je m’en souvienne, la musique a toujours occupé une grande place dans ma vie. J’étudiais au Conservatoire National de Région de Caen (Normandie) auprès de Jacques Gillet, qui avait lui-même étudié dans les années 1930 la flûte auprès de Marcel Moyse, père fondateur de la fameuse école de flûte française. Après un 1er prix de flûte traversière obtenu très jeune (14 ans), la pratique de la musique de chambre et de l’orchestre au sein de l’orchestre d’élèves du Conservatoire (Symphonies de Brahms, Boléro de Ravel, Tableaux d’une exposition de Moussorgsky, West side story de Bernstein et autres), m’ont permis d’intégrer l’Orchestre de Chambre de Caen, ponctuellement puisque j’étais encore au lycée à l’époque. A 18 ans, je choisis de suivre l’enseignement d’Ida Ribera au Conservatoire de Saint Maur et intègre l’année suivante le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dans la classe d’Alain Marion (assistant Raymond Guiot). Cette école mythique m’a permis de développer connaissances musicales et sens artistique, bases d’une solide formation professionnelle. En 1989, j’obtiens le 1er Prix de Flûte Traversière ainsi que le 1er Prix de Musique de Chambre.

LM-Parce que, parmi les différents types de flûte, vous avez choisi la traversière?

AM-Tout-à-fait ! J’aime la proximité de sa sonorité avec le souffle, l’air, le vent, sa fluidité … Je trouve cet instrument proche des éléments fondamentaux et me sens en harmonie lorsque je joue.

LM-Dans quels orchestres avez-vous joué avant d'atterrir à l’OPMC et quand avez-vous reçu la nomination de flûte solo.

AM-Hormis l’orchestre d’élèves du Conservatoire de Caen et l’Orchestre de Chambre de Caen dont j’ai déjà parlé, j’avais intégré l’Orchestre des Prix du Conservatoire National Supérieur de Paris en 1989, puis l’Orchestre Philharmonique de Nice toujours en 1989 avec lequel j’ai joué durant 15 mois. Je deviens 1ère Flûte Solo de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo en octobre 1990 par voie de concours.

LM-Avez-vous déjà composé une partition musicale pour flûte?

AM-Non, la composition n’est pas un domaine qui m’ait attirée pour l’instant.


LM-Pour garder une bonne formation musicale combien d'heures par jour   consacrez-vous à cet exercice ?

AM-Pour maintenir un bon niveau de performance, en-dehors des répétitions collectives (musique de chambre ou orchestre), 1h30 de pratique journalière instrumentale me semblent un bon compromis, indépendamment d’un enrichissement culturel permanent. J’aime utiliser des moyens détournés pour contourner la lassitude de l’entrainement : la synchronisation des doigts peut se travailler au clavier, les réflexes et la vélocité s’affuter avec d’autres disciplines non musicales, l’amplitude et les couleurs du son dans des acoustiques différentes, la puissance et l’endurance en développant les capacités physiques. Bien entendu, il est indispensable de tenir compte du planning de travail de l’orchestre pour ajuster son travail personnel et sa préparation. La découverte et l’approfondissement de nouveaux répertoires sont évidemment très liés à la programmation des concerts à venir.

LM-Par ailleurs, combien d'heures consacrez-vous à la préparation d'un concert ?

AM-Si la pratique instrumentale nécessite une grande régularité, chaque concert est unique. Certains concerts ne nécessitent aucune préparation spécifique mis à part les répétitions collectives et la préparation d’avant-concert (échauffement, mise en doigts, etc…), s’il s’agit d’un répertoire familier ne présentant pas de difficulté particulière. D’autres, au contraire, doivent être anticipés le plus possible et nécessitent une préparation à très long terme, quand il s’agit d’investir un nouveau répertoire ou de réaliser des prouesses techniques. Les moyens technologiques actuels facilitent le travail de recherche d’une interprétation juste, par l’accès simplifié aux différentes sources d’information : livres, différentes éditions, enregistrements variés, échanges avec d’autres spécialistes. Il faudrait s’astreindre à le mesurer avec précision pour pouvoir quantifier le temps de préparation d’un concert particulier, et cela n’apporterait qu’une information ponctuelle.

LM-Je suppose que vous savez jouer d'autres instruments. Combien et lequel préférez-vous?

AM-Je joue aussi du piano et du violoncelle. J’ai un peu pratiqué le saxo, pour les possibilités qu’il offre en jazz, mais n’en ai plus aujourd’hui. Le violoncelle est un instrument magnifique, qui donne l’occasion d’occuper d’autres rôles, en musique de chambre surtout. La sonorité des instruments à cordes qui se mélangent est unique. Malgré tout, le répertoire du violoncelle me correspond moins. J’affectionne particulièrement le piano, pour sa sonorité à la fois claire et profonde. Je le pratique régulièrement, pour le plaisir d’accompagner mes proches et à l’occasion de fêtes ou concerts particuliers, en amateur bien sûr.

 

LM-Retourneriez au choix initial de la flûte ou, maintenant que vous vivez dans l'univers de la musique, auriez-vous préféré un autre instrument ?

AM-Je pense que la flûte est l’instrument qui correspond à ma nature profonde et me permet d’exprimer le plus justement mes émotions, par ses envolées lyriques, sa haute virtuosité et sa sonorité aérienne. Je dirais que c’est le personnage auquel je m’identifie le plus sur la scène du théâtre symphonique. J’envie le répertoire du piano, bien entendu, et je souhaiterais disposer de plus de temps pour approfondir ma technique et ma maîtrise de cet instrument mais je resterais sur le choix prioritaire de la flûte. L’expérience de l’orchestre symphonique est unique et irremplaçable. J’aurais préféré avoir eu l’occasion de pratiquer à parts égales ces deux instruments lors de ma formation.

LM-Merci avec tous mes compliments

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Published by ROYAL MONACO - dans MUSIQUE
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