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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 06:57
Menton: Regards de collectionneurs – l’art belge d’après-guerre dans la collection Caroline et Maurice Verbaet
Menton: Regards de collectionneurs – l’art belge d’après-guerre dans la collection Caroline et Maurice Verbaet

L'exposition Regards de collectionneurs – l’art belge d’après-guerre dans la collection Caroline et Maurice Verbaet présente une sélection d'oeuvres prestigieuses issues de la collection privée de Caroline et Maurice Verbaet. Une occasion unique de découvrir la richesse artistique qui caractérise la création belge durant la période méconnue des Trente Glorieuses. Qualifiée de « petit pays de grands collectionneurs », la Belgique regorge d’un patrimoine d’une exceptionnelle qualité. Historiquement, le rôle joué par les collectionneurs fut essentiel au travers d’une volonté affirmée de soutenir et de partager l’art avec le plus grand nombre. Ce désir perdure au fil du temps comme en témoigne cet événement. La passion est au rendez-vous… Elle s’exprime au travers du regard complice de ce couple de collectionneurs animés par le plaisir de la découverte. Le parcours de l’exposition se veut atypique en privilégiant les confrontations visuelles et les rapprochements plastiques pour mieux révéler les spécificités d’un art belge d’une surprenante vigueur.


Cette exposition vient compléter la réflexion menée, depuis décembre 2015, sur le musée et la collection, en parallèle avec la donation Séverin Wunderman, fondatrice du musée Jean Cocteau actuel. Faut-il voir une coïncidence dans le fait que Séverin Wunderman était d’origine belge ?
Depuis ce printemps, la collection Verbaet s’expatrie et se dévoile à Saint-Rémy-de-Provence et à Pontoise. À Menton, déployée sur deux lieux, la collection prend ses quartiers au musée Jean Cocteau, mais également au Palais de l'Europe. Cette double exposition permet d'offrir aux visiteurs une véritable promenade artistique au coeur de la ville. Le cadre intime du musée Jean Cocteau privilégie la découverte d’oeuvres sculptées tandis que la spacieuse galerie du Palais de l’Europe accueille volontiers des peintures aux formats généreux. Un dialogue dynamique s’instaure d’un espace à l’autre, dévoilant les multiples facettes caractéristiques de l’intérêt pluriel des collectionneurs.


Artistes exposés :
Au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman :
Fred Bervoets, Bert De Leeuw, Denmark, Christian Dotremont, Vic Gentils, Henri Michaux, Jacques Moeschal, Panamarenko, Tapta, Paul Van Hoeydonck, Serge Vandercam, Lionel Vinche, André Willequet.
À la galerie du Palais de l’Europe :
Willy Anthoons, Jan Burssens, Pol Bury, Jo Delahaut, Bert De Leeuw, Charles Drybergh, Jan Fabre, Michel Frère, Vic Gentils, René Guiette, Stéphane Mandelbaum, Pol Mara, Antoon Marstboom, Antoine Mortier, Luc Peire, Raoul Ubac, Guy Vandenbranden, Serge Vandercam, Marthe Wéry.

En Belgique, les collectionneurs sont nombreux et les initiatives privées visant à montrer ces collections sont de plus en plus courantes.
Maurice Verbaet est l’un d’entre eux. Issu d’une famille d’amateurs d’art, il établit sa fortune en reprenant l’agence de change fondée par son grand-père maternel et devient ainsi, au début des années 1970, le plus jeune agent de change de Belgique. Il débute sa collection par des achats en salles de vente, rejoint en 1989 par sa femme Caroline qui partage la même passion pour le domaine artistique. Leur choix s’est porté sur l’art belge ; très tôt ils mettent en place une politique de prêt d’oeuvres et les expositions se succèdent (dont la plus importante est celle au Musée d’Ixelles en 2012 avec la présentation de plus de 200 pièces).
Caroline et Maurice Verbaet se sont orientés, à partir de 2012, vers l’art belge d’après-guerre et ont créé un centre d’art à Anvers, le Maurice Verbaet Art Center (mvAc) dont l’ouverture a eu lieu en septembre 2015. Pour financer cette entreprise ambitieuse, ils optent pour la vente d’une partie de leur collection consacrée à l’art d’avant-guerre (1880-1940) et n’hésitent pas à se séparer de plusieurs oeuvres magistrales.
Une collection n’étant jamais finie, elle s’alimente au fur et à mesure des coups de coeur des collectionneurs. Fort de sa liberté de choix, Maurice Verbaet souhaite conserver la fraîcheur de son regard et acquérir les oeuvres qui lui plaisent plutôt que certaines autres majeures pour lesquelles il n’a pas d’attirance.
La mission du mvAc est de faire connaître au public, dans un souci de transmission aux générations futures, cet art belge souvent insuffisamment reconnu. La démarche de Maurice Verbaet s’inscrit donc dans une volonté de valorisation des artistes qu’il a choisis pour sa collection.
« Aborder l’art belge d’après-guerre selon des angles d’approche novateurs, en confrontant des productions artistiques de natures variées, en faisant fi des carcans et des cloisonnements tout en apportant un éclairage sur les personnalités qui ont participé activement à créer un terreau fertile à la création, voilà le défi du mvAc circonscrit »1.
Forte de cette volonté de diffusion et de circulation d’oeuvres d’artistes belges, la Ville de Menton expose la production de 30 artistes sur deux lieux : à la galerie du Palais de l’Europe et au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman.
Cette sélection présente des personnalités artistiques différentes pour montrer un panorama de l’art belge d’après-guerre dont la production a été féconde. À chaque exposition correspond un éclairage différent sur la collection privée de Caroline et Maurice Verbaet : le focus choisi à cette occasion, bien qu’étant un parti pris, suscitera la curiosité et l’intérêt du public pour ces courants aussi divers et singuliers puissent-ils être.

Art belge 1945-1975 – p. 14
Les Trente Glorieuses (1945-1975) marquent un tournant dans l’art moderne avec l’émergence de figures internationales telles qu’Andy Warhol. Certes, New York prédomine sur la scène artistique mais localement, et notamment en Belgique, des mouvements artistiques émergent avec leurs particularités. Deux courants sont dominants : l’expressionnisme et le surréalisme avec des personnalités marquantes telles que Constant Permeke et René Magritte. En parallèle, un nouveau mouvement belge est créé, l’Animisme, regroupant des artistes de second plan, sans rattachement à aucune mouvance. Il sera suivi du rassemblement d’artistes intitulé la Jeune Peinture Belge (JPB, 1945-1948) très orientée vers l’abstraction mais laissant toute liberté d’expression aux artistes adhérents.
Ces différents courants – dont les centres de création sont à Bruxelles, à Anvers puis à Gand – ont des résonances internationales. La Belgique est alors un foyer créatif dynamique.
L’art belge d’après-guerre s’est exporté à l’étranger, à partir des années 1950 : aux États-Unis à travers de grandes expositions (au Guggenheim, au Carnegie Institute...) et aussi à Paris lors de la Biennale de 1959.
La plupart des plasticiens choisis pour cette exposition mentonnaise ont également été réunis dans les manifestations Forum (1961-1962-1963).
L’exposition privilégie les artistes, peintres et sculpteurs à l’origine de la naissance de ces mouvements, souvent issus d’expérimentations diverses – individuelles ou de groupes. Ils représentent les tendances artistiques de cette période : l’abstraction sous ses différentes formes mais aussi le courant fantasmagorique, la poésie graphique, la vibration lumineuse, l’avènement de l’objet, la Nouvelle Figuration et enfin la fureur de vivre.
1 – L’abstraction : l’espace, le geste, la matière, la ligne
Certains des artistes ont fait partie, à leurs débuts, de l’association de la Jeune Peinture Belge (JPB). Nombre d’entre eux, membres de la JPB, optent pour l’abstraction – soit le courant lyrique, soit géométrique – ou préfèrent parfois une démarche plus personnelle.
Pol Bury (1922-2005), après une adhésion au mouvement surréaliste, préfère la liberté de création donnée par la JPB à partir de 1947. Dans ce cadre, il est tenté par l’abstrait jusqu’à ses oeuvres abouties de 1951-1952. Les imbrications en peinture se traduisent par un travail sur le mouvement en lien avec ses sculptures mobiles.
L’espace…
Jo Delahaut (1911-1992), membre fondateur du groupe Art Abstrait (1952-1956), a été lui aussi rattaché au mouvement de la JPB. Il est un des représentants de l’abstraction géométrique. Il procède souvent par répétition séquentielle d’un seul élément avec la couleur comme axe central du tableau.
Le mouvement débuté à Bruxelles intéresse également des artistes anversois dont Guy Vandenbranden (1926-2014) qui, influencé par Mondrian, opte pour une logique constructiviste de l’abstraction géométrique, tout en laissant une grande importance à la couleur.
Ces artistes plasticiens ont une démarche intellectuelle d’architecte, et donc le souci d’intégrer l’oeuvre à l’espace public. En ce sens, les travaux de Jacques Moeschal et Tapta figurent parmi les plus aboutis.
Jacques Moeschal (1913-2004) n’a eu de cesse de créer des pièces en harmonie avec le lieu de vie. En référence aux créations des civilisations anciennes, il préfère souvent l’échelle monumentale. Capter la lumière et réduire la ligne à la simplicité sont ses maîtres mots.
Tapta (1926-1997) s’interroge sur la fonctionnalité de l’art avec un médium particulier, la tapisserie. Ses structures tissées deviennent de véritables sculptures qui occupent l’espace.
Le geste…
Antoine Mortier (1908-1999) fait un bref passage par la JPB. Son travail, représentatif de l’abstraction lyrique, trouve sa base dans la réalité et notamment dans l’univers familier de l’artiste. Les deux oeuvres présentés (Femme assise I, 1954 et Mort aux rats, 1958) font partie de son travail gestuel dont seule compte la force visuelle attractive du résultat.
L’expression gestuelle se retrouve aussi dans les peintures aux traits spontanés de Charles Drybergh (1932-1990) primé en 1961 par la JPB et de Serge Vandercam (1924-2005), primé lui aussi par la JPB en 1956.

Autre artiste abstrait, Antoon Marstboom (1905-1960), dont l’oeuvre Signes portuaires (1959) est la métamorphose d’un thème donné. Comme Mortier, le peintre dépeint son environnement - le port d’Anvers - qu’il a coutume de fréquenter, par des lignes incisives et des couleurs rayonnantes.
Avec Marc Mendelson, ces trois artistes ont su retranscrire leurs émotions par l’abstraction.
La sculpture est le domaine favori de quelques artistes pour s’exprimer par le geste. Réduite à l’essentiel, l’oeuvre n’est plus que l’expression d’une sensation.
Raoul Ubac, Willy Anthoons et André Willequet savent traduire dans des matériaux bruts les états d’âme.
Raoul Ubac (1910-1985) a choisi un matériau particulier, l’ardoise, qu’il magnifie par une taille pure et minimaliste. Peu nombreuses, ses sculptures sont les racines de l’humanité et le lien avec les générations passées.
Willy Anthoons (1911-1982) se rapproche de Raoul Ubac par la taille directe de la sculpture : il parvient à insuffler au bois une vie qui l’anime et à retranscrire une forme de sensibilité. Le feu sacré est son thème de prédilection : Vive flamme n°1 (1963) et Feu n°2 (1966) sont des oeuvres représentatives de l’élan vertical qu’il a su traduire dans son travail et de la démarche spirituelle qui aboutit à ses créations.
La transcription de l’émotion par la sculpture est aussi le choix d’André Willequet (1921-1998). Avec une grande sobriété dans les formes et une épure dans la ligne du bois, l’artiste traite le thème du double – les Gémeaux (1989) – et des épisodes bibliques – le coup de lance (1989-1990).
Le point commun de ces oeuvres est la vigueur exprimée, quel que soit le déclencheur, et leur sincérité.
La matière…
D’autres artistes présentés ont choisi de privilégier la matière en laissant la place à d’épaisses couches picturales sur la toile. Certains d’entre eux sont installés à Paris et côtoient les fondateurs parisiens de l’art informel : Dubuffet, Fautrier et Wols.
René Guiette (1892-1976) est l’un des pionniers du matiérisme. Lié à Jean Dubuffet, son oeuvre se rapproche du primitivisme et de l’art brut. Il suscite des suiveurs :
Jan Burssens (1925-2002), après des débuts artistiques en tant que membre fondateur du groupe Art Abstrait (1952-1956), opte finalement pour le magma de matière peinte dont surgissent les sujets.
Michel Frère (1961-1999) livre des oeuvres dont la matière occupe aussi une place primordiale et dont l’aspect dense est aussi très structuré et coloré.
La ligne…
Certains artistes abstraits se révèleront au moyen de la ligne.
L’oeuvre de Luc Peire (1916-1994) est reconnaissable aux traits rectilignes qu’il trace sur la toile.
Marthe Wéry (1930-2005) élabore son oeuvre autour du thème répétitif de la ligne réduite à son expression la plus minimale. Son raisonnement la conduit à intégrer ses peintures dans l’espace.
2 – Le fantasmagorique
Dans la tradition de leurs prédécesseurs, James Ensor ou René Magritte, des artistes, pour certains membres du groupe Cobra, donnent vie à une nouvelle forme de création onirique et poétique. Ils se démarquent volontairement du mouvement abstrait qu’ils rejettent, pour donner libre cours à leur imaginaire sous-tendu par un esprit expérimental.
Le plus connu des représentants du mouvement est Pierre Alechinsky.
Membre de ce courant artistique, Serge Vandercam (1924-2005) parvient à créer dans ses toiles une dramaturgie inquiétante par la présence d’étranges personnages.
Fred Bervoets (1942) raconte de véritables histoires truculentes dans ses tableaux.
3 – La poésie graphique
Trois artistes représenteront ce que nous pouvons qualifier de poésie graphique : ce sont des poètes liés au mouvement Cobra qui pratiquent l’écriture picturale (imbrication de peinture et d’écriture). Le visuel est rendu par le graphisme. Heureuses ou tragiques, ils racontent des histoires sur la toile et prennent l’écriture comme vecteur principal de leurs créations.
Christian Dotremont (1922-1979) est l’un des premiers à créer des logogrammes. Avec lui, le mot devient oeuvre d’art.
Henri Michaux (1899-1984) choisit surtout l’encre de Chine pour tracer les symboles sur la toile à travers un geste purement expérimental.
Plus récemment, Lionel Vinche (1936) mêle les textes et les images avec humour, faisant parcourir ses oeuvres de personnages fantasques.
4 – La vibration lumineuse
Des peintres abstraits vont focaliser leur recherche sur le rendu de la lumière. Ils ont fait partie du groupe artistique créé en 1958 à Anvers, le cercle G58, qui organisa de nombreuses expositions.
DOSSIER DE PRESSE
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Paul van Hoeydonck (1925) crée une série d’oeuvres lumières, les lightworks, dans lesquelles domine essentiellement le blanc. Sa recherche picturale tend à capter le mouvement et transcrire les vibrations de la lumière.
Bert De Leeuw (1926-2007) dépasse la matière pour ne s’occuper que du rendu de l’espace et donner son impression du cosmos. Ses tableaux lumineux sont nés de nouveaux procédés chimiques qu’il expérimente, intégrant la fluorescence dans sa peinture.
5 – L’avènement de l’objet
L’objet au centre de la création est une des préoccupations de la jeune génération d’artistes dans les années 1960.
Vic Gentils (1919-1997) s’est approprié certains objets (cadres, pianos) pour en faire des sculptures et leur redonner une seconde vie. Cet assemblage de matériaux hétéroclites crée des oeuvres d’esprit baroque et pleines d’humour, portes ouvertes vers un autre monde.
Paul Van Hoeydonck est son homologue par l’utilisation détournée du plexiglas qu’il insère dans ses oeuvres.
Denmark (1950) est dans la mouvance de ces deux artistes par la création d’objets qu’il produit à base de papiers usagés qu’il découpe, plie et compresse.
Panamarenko (1940) est fasciné par l’aérotechnique. Il développe une véritable poétique sur les mécaniques de vol en créant des sculptures d’apparence très pauvre, non dénuées d’humour.
6 – La Nouvelle Figuration
Elle est représentée dans notre exposition par l’artiste Pol Mara (1920-1998). Il est le chantre de la « femme libérée », reflet d’une nouvelle génération et témoin d’une nouvelle époque. Publiciste de formation, ses oeuvres sont construites de manière hyperréaliste, avec des couleurs vives et une lecture directe telles des affiches. Cet artiste est dans la mouvance du Pop Art qu’il réinterprète selon son prisme personnel. Il crée alors une série d’oeuvres où la construction est volontairement éclatée sans pour autant se détacher de la réalité.
7 – La fureur de vivre
Les coups de coeur des collectionneurs Caroline et Maurice Verbaet les ont portés vers des artistes contemporains n’adhérant à aucun mouvement, tels Jan Fabre et Stéphane Mandelbaum, mais dont le point commun est la confrontation du spectateur à son humanité.
Jan Fabre (1958), flamand de renommée internationale, procède beaucoup par séries. Il dénonce dans son oeuvre les angoisses de la vie et les difficultés de notre société.
DOSSIER DE PRESSE
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Stéphane Mandelbaum (1961-1986) est un dessinateur hors norme. Ses grands dessins retranscrivent sa fureur de vivre. Chargé d’un passé douloureux, il a su faire rejaillir toute sa souffrance dans ses oeuvres, en traitant des thèmes violents sous son trait acéré.

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