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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 22:56

En cas de cystite simple, l’antibiotique pourrait ne pas être automatique

Les infections urinaires non compliquées sont à l’origine de 25 % des prescriptions d’antibiotiques en médecine générale. Cela pose non seulement un problème de coût, mais aussi de risque de résistances bactériennes. C’est ainsi que l’on constate qu’Escherischia Coli, principal agent des infections urinaires, est de plus en plus souvent résistant aux antibiotiques usuels.

Certains travaux ont suggéré qu’un placebo ou la prescription différée d’un antibiotique prolongeaient les symptômes et la bactériurie, mais n’étaient pas à l’origine de complication sérieuses. Il serait donc peut-être possible de se contenter d’un traitement symptomatique, qui limiterait d’autant les prescriptions d’antibiotiques et le risque de résistances.

Fosfomycine ou ibuprofène

C’est ce qu’a voulu vérifier une équipe allemande, en comparant l’évolution de la cystite non compliquée de près de 500 patientes, selon qu’elles recevaient un traitement antibiotique (fosfomycine 3g en une seule prise ; n = 246) ou un traitement purement symptomatique (ibuprofène 400 mg 3 fois par jour pendant 3 jours ; n = 248). Pour les deux groupes, un traitement antibiotique était prescrit secondairement en cas de persistance, d’aggravation ou de reprise des symptômes.

Le traitement symptomatique par ibuprofène réduit en effet de 67 % le nombre total de traitements antibiotiques par rapport au traitement immédiat par fosfomycine. Mais force est de constater que cette stratégie augmente considérablement la gêne secondaire aux symptômes, entre J0 et J7, et s’accompagne d’une augmentation du nombre de cas de pyélonéphrites (5 cas vs 1 cas).

Guérison dans 2/3 des cas avec le seul traitement symptomatique…

Les auteurs précisent que 2 femmes sur 3 du groupe ibuprofène ont guéri sans que soit nécessaire un antibiotique en deuxième ligne. Au bout de 28 jours, 34 % des patientes de ce groupe ont reçu un antibiotique, pour persistance ou aggravation des symptômes, comparativement à 14 % du groupe ayant reçu la fosfomycine en première intention.

Ces données ne permettent pas de recommander la prise en charge symptomatique des cystites par de l’ibuprofène seul. Cela est toutefois une option possible chez des femmes réticentes aux antibiotiques et dans le cadre d’une concertation avec la patiente pour une prescription retardée d’antibiotiques. De futurs travaux pourraient permettre de préciser les patientes chez lesquelles le traitement symptomatique peut s’avérer suffisant.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCES
Gágyor I. et coll. : Ibuprofen versus fosfomycin for uncomplicated urinary tract infection in women: randomised controlled trial 
BMJ 2015;351:h6544
http://www.bmj.com/content/bmj/351/bmj.h6544.full.pdf
 

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