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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 19:38
ROYAL MONACO MEDECINE: Cancer colorectal au stade II : le compte des lymphocytes compte aussi…

Cancer colorectal au stade II : le compte des lymphocytes compte aussi…

De récents travaux ont révélé que, chez les patients atteints de cancer, le pronostic n’est pas seulement déterminé par les caractéristiques tumorales mais aussi par des facteurs relatifs au patient lui-même. Le système immunitaire jouerait aussi un rôle, notamment dans la prévention des récurrences. Des études récentes semblent en effet indiquer qu’un dysfonctionnement immunitaire ou une diminution du nombre de lymphocytes réduit la capacité du système à répondre de façon efficace à la présence de cellules cancéreuses.

Le compte de lymphocytes avant le traitement est considéré comme un marqueur du niveau d’immunosuppression et a été associé au pronostic de plusieurs cancers, notamment hématologiques, cancer du sein et cancer du rein. Il a été avancé aussi qu’un faible taux de lymphocytes est associé à une mauvaise réponse à la chimiothérapie et à la radiothérapie, suggérant son rôle dans la survie et la réponse clinique au traitement.

Une équipe chinoise vient de publier les résultats d’une étude rétrospective concernant 1 332 dossiers de patients présentant un cancer colorectal de stade II et traités initialement par résection chirurgicale. Plus de la moitié d’entre eux (738, soit 55,4 %) étaient considérés comme à haut risque et 459 (62,2 %) ont reçu une chimiothérapie adjudante. Le compte des lymphocytes était mesuré avant la mise en route de cette dernière.

Un facteur pronostique indépendant

Trois constats ressortent de ces données. Le premier est que le compte de lymphocytes est un facteur pronostique indépendant de la survie sans rechute et de la survie totale. Chez les patients présentant un cancer colorectal de stade II, ceux dont le taux de lymphocytes est bas (< 1 300/mm3) ont une survie totale à 5 ans inférieure à ceux dont le taux dépasse ce seuil (74,6 % vs 90,2 %) et une survie sans récidive à 5 ans inférieure aussi (61,3 % vs 84,6 %).

Le second enseignement de cette étude est que, en comparant les patients à haut risque qui ont reçu une chimiothérapie adjuvante et ceux qui n’en ont pas reçu, ceux dont le taux de lymphocytes est bas tirent moins de bénéfices de la chimiothérapie, alors que quand le taux est élevé, la chimiothérapie apporte une amélioration notable de la survie sans récidive, particulièrement pour les stades T4. Il apparaît enfin qu’un taux de lymphocytes bas est associé à un mauvais pronostic chez les patients à haut risque traités par chimiothérapie adjuvante (Hazard Ratio 1,88 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,11 à 3,2).

Les auteurs estiment que ces résultats justifient qu’un comptage des lymphocytes soit réalisé chez les patients présentant un cancer colorectal de stade II, après la chirurgie et avant une éventuelle décision de chimiothérapie adjuvante et un taux bas de lymphocytes pourrait justifier que soit envisagée une chimiothérapie plus intensive.

Dr Roseline Péluchon

Liang L et coll. : Predictive value of pretreatment lymphocyte count in stage II colorectal cancer and in high-risk patients treated with adjuvant chemotherapy.
Oncotarget. 2015; publication en ligne le 20 octobre. DOI: 10.18632/oncotarget.5835

ROYAL MONACO MEDECINE: Cancer colorectal au stade II : le compte des lymphocytes compte aussi…

Prévention du cancer colorectal : ne comptons pas sur la vitamine D et le calcium !

Selon les études in vitro, la vitamine D et ses analogues inhibent la prolifération et l’angiogenèse, induisent la différenciation et favorisent l’apoptose des tissus épithéliaux. Chez l’animal, la prise de vitamine D inhibe la carcinogenèse expérimentale. Certaines études observationnelles menées chez l’homme ont suggéré une relation inverse entre le taux sérique de 25 OH vitamine D et le risque de cancer colorectal. De même, une consommation élevée de calcium est associée dans certains travaux à une réduction du risque de néoplasies et d’adénomes colorectaux.

Tout porte donc à croire que la vitamine D et/ou le calcium auraient un rôle à jouer dans la prévention du cancer colorectal. Pour préciser ce lien, une équipe états-unienne a réalisé un essai randomisé contre placebo. Plus de 2 mille participants ont été recrutés. Il s’agissait de patients âgés de 45 à 75 ans chez lesquels une coloscopie récente avait retrouvé un ou plusieurs adénomes colorectaux (3 ou plus chez 11 % des patients). Les volontaires ont été répartis en 4 groupes. Tous recevaient quotidiennement 2 comprimés identiques contenant pour les uns 1 000 UI de vitamine D seule, pour les autres 1 200 mg de carbonate de calcium, pour le 3ème groupe vitamine D et calcium associés et enfin pour le dernier groupe un placebo. Une coloscopie de contrôle était pratiquée dans un délai de 3 à 5 ans selon les recommandations de l’endoscopique qui avait réalisé l’examen initial. L’objectif de l’étude était de comparer, entre les 4 groupes de patients, le risque d’apparition de nouvel adénome.

Pas de diminution du risque de nouvel adénome dans les groupes supplémentés

Les auteurs avaient émis l’hypothèse de départ qu’une augmentation de la consommation de vitamine D et/ou le calcium jouait un rôle dans la prévention de l’adénome colorectal. Cette hypothèse ne se confirme pas ici. Car, si la coloscopie de contrôle découvre au moins un nouvel adénome chez 43 % des participants, ni la prise de vitamine D ni celle de calcium, seuls ou associés, n’a d’impact significatif sur le risque, même chez les patients ayant un faible taux de vitamine D au début de l’étude. L’analyse en sous-groupes (tabac, alcool, types d’alimentation, antécédents familiaux, etc.) ne permet pas non plus d’affirmer que certains patients bénéficieraient plus que d’autres de la supplémentation, sauf peut-être les patients ayant un indice de masse corporelle faible chez lesquels le risque d’adénome seraient moins élevé dans le groupe prenant du calcium (encore que les auteurs n’excluent pas un effet du hasard).

Les auteurs de l’étude s’étonnent eux-mêmes de ce résultat et n’expliquent pas leur discordance avec les précédents travaux publiés, notamment en ce qui concerne le lien entre la prise de calcium et la réduction du risque de cancer colorectal. Ils remarquent toutefois qu’ils sont en adéquation avec le constat fait au démarrage de l’étude, qui ne relevait pas d’association entre le risque d’adénome et la consommation de calcium. Ils suggèrent que la forte proportion de sujets obèses dans cette étude (35 %) pourrait avoir eu impact sur les résultats et que cela justifie des investigations complémentaires.

Dr Roseline Péluchon

Baron JA et coll. : A trial of Calcium and Vitamin D for the Prevention of Colorectal Adenoma.
N Engl J Med 2015; 373: 1519-30

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